Campagne nationale de vaccination contre la rougeole

53% des élèves non vaccinés !

Par:  Z R.

La campagne nationale de vaccination contre la rougeole n’a pas atteint les objectifs escomptés. Les chiffres du ministère de la Santé sont à l’appui. Seulement 47% des élèves scolarisés (6 à 16 ans) ont été vaccinés durant la campagne de 2018. Autrement dit, plus de la moitié d’élèves (53%) l’a boycottée, a déploré hier le Dr Djamel Fourar, directeur de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé.

le Dr Djamel Fourar a appelé les parents d’élèves à inciter leurs enfants à se vacciner contre l’épidémie de la rougeole, notamment avec l’apparition du virus, durant cette période, dans certaines wilayas du pays. Le Dr Fourar, qui s’exprimait hier sur un plateau d’une chaîne TV, a fait savoir qu’un programme de lutte contre cette maladie contagieuse est mis en place par le ministère.

«Pour stopper la transmission du virus, le ministère de la Santé avait mis en place un plan stratégique, à travers, notamment la vaccination en milieu scolaire. Mais cette campagne n’a pas pu atteindre ses objectifs, eu égard au taux de couverture enregistré. Ce taux est de 47% seulement !», a t-il indiqué. Et d’ajouter : «La vaccination n’est associée à aucun risque ou danger. Elle est nécessaire pour protéger les enfants contre cette maladie infectieuse».

Le même responsable a révélé que durant l’année 2018, son département a recensé près de 27 700 cas confirmés dont 18 morts (4 à Ouargla, 5 à Relizane, 4 à Tamanrasset, 2 à M’sila, 2 à Biskra et un cas à El-Bayadh), tout en rappelant que durant la période de 2012 à 2017 aucun cas de décès n’a été enregistré.

Le Dr Abdellatif Bensenoussi, président de l’Association algérienne de pédiatrie, a qualifié d’«irresponsable» la décision, prise en 2017 par certains parents, de ne pas vacciner leurs enfants, estimant que leurs craintes étaient «injustifiées» car les études ont «prouvé que les cas de réactions allergiques au vaccin étaient extrêmement rares avec un cas pour un million» et pouvaient être pris en charge immédiatement au niveau des établissements sanitaires.

Soulignant qu’«il n’existe pas une autre alternative au vaccin» qui est «obligatoire et nécessaire», le même praticien a estimé que c’est à cause de cette «obstination» des parents que des cas de rougeole sont apparus à Batna, Mostaganem et Alger.

Selon la même source, le vaccin contre la rougeole a été introduit en Algérie en 1985 et «18 millions d'Algériens ont été vaccinés depuis, sans que l’on signale des complications».

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