Sous-traitance automobile

L’homologation, ce casse-tête des concessionnaires

Par:  Z.R

Les professionnels et acteurs de l’industrie automobile se sont rencontrés hier à Alger pour débattre du passage de l’activité de montage à une industrie intégrée comme le souhaite le gouvernement.

Pour atteindre cet objectif, le ministère de l’Industrie et des Mines a élaboré un cahier de charges, qui exige l’augmentation progressive du taux d’intégration. Autrement dit, les concessionnaires automobiles ayant implanté des usines en Algérie doivent participer au développement de la sous-traitance, cheval de bataille de tous les acteurs. Rencontrés en marge des premières journées techniques sur la sous-traitance des véhicules,  des investisseurs dans ce créneau ont soulevé les contraintes rencontrées sur le terrain.

Ils ont, en effet, évoqué la rareté des sociétés spécialisées dans la sous-traitance, exagération dans le volet financier et le problème de l’homologation de la pièce fabriquée localement.

Dans ce cadre, Mohamed Bairi, PDG d’Iveco et membre influant au FCE, a indiqué qu’il était à la recherche de sous-traitants depuis une année, en vain. «J’ai rencontré plusieurs sous-traitants pour la fabrication de pièces entrant dans la fabrication de nos véhicules, mais dès qu’ils reçoivent le cahier de charges, certains d’entre eux disparaissent et d’autres nous disent que l’usine est à l’arrêt», a-t-il regretté.

Ces derniers, ajoute-t-il, cherchent uniquement leurs intérêts. Ainsi, outre les mesures incitatives qu’accorde l’Andi à ce genre de projets d’investissements, les sous-traitants «veulent engranger des gains avant-même le démarrage du projet».  «Une chose qui est inadmissible et j’espère que durant ces journées, on arrivera à résoudre le problème et convaincre  les sous-traitants que l’investissement doit d’être à long terme», a-t-il souhaité.

Questionné sur les projets de son groupe, M. Bairi dira que les choses avancent bien et que deux conventions ont été signées avec deux sous-traitants, la première concerne les câbles en cours d’homologation et l’autre la carrosserie. Dans ce cadre, cet industriel a précisé que l’opération d’homologation est lente. 

Cette problématique a été également soulevée par le PDG du groupe TMC, en l’occurrence Tahkout Mahieddine. Il a précisé que ce problème ne se pose pas dans le montage d’une usine, mais dans son homologation. «Le taux d’intégration dans notre usine Hyundai est de 11%, son augmentation est tributaire de l’homologation de la pièce qui sera fabriquée bientôt en Algérie. Cette opération prend beaucoup de temps et varie entre 3 à 6 mois», a-t-il dit.

  1. Tahkout a indiqué que «c’est à la société-mère d’établir un audit de l’usine qui sera implantée ici chez nous, de voir de près les capacités et technicités des travailleurs et également leur formation».

Deux usines sont en cours de réalisation pour augmenter le taux d’intégration des voitures montées par le groupe TMC. Une dans la production du plastique réalisée dans le cadre d’un partenariat avec un associé tunisien (20%) et la deuxième spécialisée dans la pièce détachée avec la société coréenne «Yong San» avec une capacité de production de 100 000 à 150 000 voitures.

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