APN

Un conflit qui perdure

Par:  Naama Abbas

Saïd Bouhadja, le président de l’APN n’a pas l’intention de quitter le perchoir de la chambre basse sous la pression de ses pairs qui ne veulent plus travailler avec lui et qui exigent son départ pur et simple. Bouhadja signe et persiste sur sa page Facebook en postant un tweet, «je dis à ceux qui veulent me faire peur que le moudjahid n’a pas peur et ne cède pas aux pressions». Ajoutant, «je suis un homme d’État, et j’applique la politique de l’État.

Face à une motion de défiance, signée par 361 députés représentant la majorité parlementaire des partis politiques siégeant à l’APN et qui lui demande de démissionner, Saïd Bouhadja n’en démord pas. Il sait que la loi est de son côté et que nul ne peut le faire partir du poste qu’il occupe sauf s’il le décide personnellement. Une impasse et un bras de fer qui commencent à s installer dans la durée et qui renvoient une image peu reluisante de la chambre basse du Parlement.

Mardi et après avoir eu le soutien de la puissance Organisation des moudjahidine (ONM), c’était au tour de l’Association des condamnés à mort d’apporter son soutien à Saïd Bouhadja. Dans un communiqué signé par Mostefa Boudina, on peut lire, que «Nous, les anciens condamnés à mort, chouhada vivants, pur et dur produit du pur et dur FLN, qui a libéré le pays, déclarons notre ferme soutien au frère Saïd Bouhadja. L’Association dénonce le complot visant à chasser Saïd Bouhadja comme un vulgaire individu de la présidence de l’APN. Les responsables de ce complot, souligne le communiqué, n’ont eu ni le respect à l’homme, ni à sa fonction ni à son passé et ni aux lois de la République ajoutant que ces responsables ont provoqué une grave crise qui a débouché sur le blocage de l’APN.

L’Association rappelle aux députés contestataires leur rôle et leur devoir qui consiste d’accomplir convenablement leur mission rappelant leur mandat au sein de cette instance, le peuple qui vous a élu à ce poste de parlementaire attend de vous la résolution de ses problèmes et non le piétinement des lois de la République. Un soutien clair et précis à leur ancien camarade d’armes Saïd Bouhadja

Des déclarations de soutien qui ne semblent pas faire fléchir les deux parties en conflit chacun tenant bon et s’entêtant dans leur position faisant perdurer un conflit dont l’issue est incertaine puisque la loi, la Constitution sont du côté du président de l’APN. Les textes ne prévoient pas ce cas de figure. De plus, les députés contestataires quel que soit leur nombre, même majoritaire, ne peuvent pas faire obstacle au déroulement des travaux de la chambre basse du Parlement. Seul le président de l’APN peut s’il le souhaite déposer sa démission, aucune pression ne peut être exercée sur sa personne. Nous ne sommes pas dans un conflit d’entreprises où les travailleurs font grève. Même dans ce cas précis, la législation sur la loi

du travail régit les conflits sociaux au sein de l’entreprise. Penser à utiliser la force en empêchant le président de l’APN à accéder à son bureau comme le déclare le président de la commission des relations extérieures à l’APN Si Afif dans un entretien accordé à un quotidien national, ne fera qu’empirer ce conflit et créer un précédent grave.

Les groupes parlementaires de la majorité se sont réunis et ont réitéré leur attachement à leurs revendications de démission du président de la chambre basse dans les jours à venir, soulignant que tous les députés de la majorité restent engagés par les décisions des groupes et aucun n’est allé à contre-courant. Le président du groupe parlementaire du FLN a également déclaré son rejet de toute médiation avec le président du Parlement qualifiant de mort-né les initiatives émanant de certains partis.

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