8,5 milliards de dollars d’importations alimentaires attendues en 2019

La dépendance vis-à-vis des marchés étrangers loin d’être maîtrisée

Par:  Abdelkader Mechdal

La dépendance de la couverture des besoins alimentaires des Algériens, vis-à-vis de l’étranger, est bien ancrée, malgré les chiffres en baisse relative, annoncés par les services du ministère du Commerce.

Si on maintient le niveau des importations alimentaires, enregistré pour le mois de janvier passé comme référence, la moyenne annuelle des achats des besoins alimentaires de l’étranger atteindra les 8,5 milliards de dollars en 2019, ce qui constitue environ 18% des importations globales du pays, estimées à 47 milliards de dollars en 2018.

Malgré la baisse de la valeur des importations, selon les chiffres officiels, d’environ 14% en janvier passé par rapport à la même période de 2018, la structure des besoins couverts en recourant à l’étranger, démontre à quel point l’équilibre alimentaire des Algériens est dépendant de l’importation.

Ainsi, 6 grands produits drainent presque 75% de la facture alimentaire, à leur tête les céréales et produits dérivés avec 34% des importations, le lait et dérivés de 18%, le sucre et dérivés à 8,33%, les légumes secs de 6,5%, le café-thé de 4,6% et les viandes de 2,5%.

Cette structure ne change pas avec le temps, surtout en ce qui concerne la couverture des besoins en céréales, liée à la grande fluctuation de la production nationale, et la faiblesse des rendements due aux conditions climatiques. Ça d’une part. D’une autre part, l’absence de produits de substitution, et l’encouragement de leur consommation, contribuant à ce que la situation reste figée. Pour les autres produits alimentaires, et malgré l’émergence d’une production nationale, mais cela n’a pas encore eu l’effet escompté quant à la réduction de la facture d’importation.

Une autre faiblesse, concerne la double intervention du Trésor public pour la couverture des charges résultant du recours à l’importation. La 1ère est liée à l’engagement en devises, qui malgré la diminution des recettes globales de la

valeur des exportations, ne peut pas être réduit, vu les besoins à la consommation. La 2ème concerne l’engagement en dinars pour la couverture de la subvention des prix à la consommation des produits de première nécessité.

Ce double engagement des pouvoirs publics ne constitue en aucun cas, une garantie pour la stabilisation des prix sur le marché national, et protéger ainsi le pouvoir d’achat des consommateurs, puisque hors les produits subventionnés, la flambée des prix anéantit l’aide consentie par l’Etat, soit à cause des opérations de spéculation enregistrées, soit que c’est dû à l’importation de l’inflation avec les produits qui connaissent une augmentation sur les marchés mondiaux, et à la détérioration de la parité du dinar algérien.

Cette situation nous renvoie en réalité, au besoin pressant de voir émerger une politique nationale encourageant la production interne des produits les plus demandés sur le marché, ce qui augmenterait la sécurité alimentaire du pays, condition de la stabilisation durable de tout le pays.

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