Saïda Neghza, invitée au forum du «Chiffre d’Affaires»

«Il faut libérer l’entreprise»

Par:  Réda Hadi

La présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes, qui était hier l’invitée du forum de notre quotidien «Le Chiffre d’Affaires», a insisté pour quel que soit le gouvernement qui sera mis en place, celui-ci devra obligatoirement libéraliser l’entreprise par l’annulation de la règle des 51/49.

En effet, cette règle, érigée presque comme une loi fondamentale, étouffe toute velléité d’investissement de la part des potentiels partenaires étrangers.

Une loi sacrosainte, devenue obsolète, et ce, d’autant plus que les banques algériennes ne jouent pas le jeu, et plus encore, n’encouragent pas l’investisseur algérien en l’accompagnant dans les démarches de son projet.

Insistant sur le côté obsolescent de cette loi, Saïda Neghza se propose de dupliquer ce qui se passe ailleurs (Nigeria ou autres pays africains), et permettre à l’investisseur étranger le quasi- monopole de son investissement (jusqu’à 90%.)

Celle-ci légitimise cette option par le fait qu’il n’existe pas d’investisseurs algériens ayant assez de fonds propres pour des projets de grande envergure. Une situation accentuée donc par les banques qui, par frilosité ou peur du risque, ne permettent pas la levée des fonds nécessaires au nationaux.

Pour la présidente de cette Organisation patronale, les règles économiques actuelles ne correspondent pas à la réalité et ne sont plus factuelles

De plus, Saïda Neghza affirme que les anciens gouvernements n’ont jamais voulu libérer l’initiative algérienne. Une situation qu’elle ne comprend pas et qu’elle n’excuse pas aussi, et ce, à plus forte raison, affirme-t-elle, que durant le séjour de M. Erol Kiresepi, président de l'OIE (Organisation internationale des employeurs), en janvier 2019, aucun membre du gouvernement n’a daigné le recevoir, malgré ses multiples requêtes.

Pour la présidente de la CGEA, il ne fait aucun doute que cette désinvolture a affecté énormément l’acte d’investissement des étrangers, et le faible taux des IDE l’atteste.

Pour elle, l’entreprise reste au centre des préoccupations des gouvernants, car c’est elle qui est créatrice d’emploi.

L’Algérie a les capacités d’honorer les contrats publics, et Saïda Neghza ne comprend pas pourquoi ce sont des entreprises étrangères qui décrochent des contrats, alors que celles-ci sous-traitent avec des sociétés algériennes Un paradoxe que Saïda Neghza voudrait voir disparaître. A ce sujet, ce sont surtout les entreprises du BTPH qui sont visées.

Commentant les événements qui se passent chaque vendredi, celle-ci opte plutôt pour une désobéissance civile que d’avoir recours à la rue

«On ne risque rien à ne pas manger 3 jours. Cela vaut mieux que de pousser nos enfants dans la rue, avec tous les risques de dérapage qu’il peut y avoir», a-t-elle dit avec force. La désobéissance civile a déjà fait ses preuves dans le passé, pourquoi ne pas la renouveler, s’est- elle posé la question.

«Nous visons une situation particulière», a-t-elle affirmé. «Il existe des hommes et des femmes capables de relever le défi auquel nous faisons face. Faisons leur confiance», a-t-elle conclu.

Lu 782 fois Dernière modification le jeudi, 21 mars 2019 00:14