L'incertitude pousse le dinar à plus de dépréciation

Les pouvoirs publics devant la charge de faire remonter le moral des opérateurs

Par:  Abdelkader Mechdal

La situation d'incertitude que connaît le pays actuellement, fait que le dinar paye de sa valeur le recours intensif à l'achat des devises, à leur tête l'euro et le dollar américain.

La valeur de la monnaie nationale connait une dépréciation importante sur le marché des changes, estimée à environ 10% depuis le début du mois de mars, et tout porte à croire que la recherche à préserver le pouvoir d'achat des épargnants, ou des commerçants, conduit ces derniers à chercher après l'obtention de valeurs refuges, et le moyen le plus rapide c'est l'achat des devises.

Ce qui est sûr, c'est que plusieurs facteurs ont contribué à cette évolution dans la parité du dinar qui a perdu un tiers de sa valeur depuis l'année 2015. Il s'agit tout d'abord, de cette manne de liquidités en monnaie nationale qui se retrouve en circulation, suite à l'approche gouvernementale qui s'appuyait sur le maintien d'un niveau élevé de la dépense publique, en vue de faire face aux besoins économiques et sociaux de la population, sans se soucier autant, à élever le niveau de la productivité et à la création de la richesse.

Cette situation, nous renvoie à la relation directe entre la quantité de la monnaie et le niveau de la production réelle, qui fait que la supériorité du premier élément devant le deuxième mène à l'alimentation continue de l'inflation, ce qui est bien vérifié sur nos marchés, de tous biens confondus, surtout les produits frais de large consommation.

Avec le rétrécissement des moyens de financement des engagements des pouvoirs publics dans le cadre de leur approche dépensière, le déficit budgétaire s'est creusé depuis l'année 2014, avec la chute de la valeur des exportations en hydrocarbures, ce qui a mené à adopter la solution si facile de la planche à billets, puisqu'en absence et manque de visibilité à long terme, le gouvernement s'est retrouvé dans une situation d'urgence, qui a poussé à une solution urgente elle aussi, qui est celle de financer le déficit budgétaire, en recourant en premier lieu à la dévaluation de la valeur du dinar. Et en deuxième lieu, il y a eu la création monétaire, comme outil non conventionnel pour financer l'économie.

Alors, les seuls indicateurs, qui circulent sur la situation économique, restent liés à l'évolution de la situation financière du pays, et avec les déficits budgétaires cumulés, la dévaluation continue du dinar, mais aussi la diminution des réserves de change, ne dépassant pas actuellement les 75 milliards de dollars US, toute cette situation donne une impression que l'économie passe graduellement en situation de crise.

Cette évolution, si négative qu'elle soit, creuse le sentiment de méfiance par rapport à la politique menée par les pouvoirs publics, ce qui affecte le moral des investisseurs et des épargnants d'une façon générale, et se répercute sur leur comportement, puisqu'ils vont faire en sorte d'essayer de préserver le pouvoir d'achat de leurs avoirs, ce qui alimente le recours intensifs à l'achat de valeurs refuges pour se prémunir des effets négatifs de la crise attendue.

Mais ceci dit, toute décision intelligente d'apaisement envers les opérateurs économique, en la nomination d'un ministre de l'Economie de réputation, pourquoi pas à l'international, qui aura la charge de rétablir la confiance par des décisions garantissant l'assainissement dans l'immédiat, de l'environnement des affaires, va jouer un rôle salvateur pour la reprise économique tant attendue.

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