57e commémoration de la fête de la Victoire

Par:  Slimane Naila

Consacré fête nationale de la Victoire, le 19 mars signifie pour de nombreux Algériens et Algériennes qui ont connu les affres de la colonisation de voir enfin briller le soleil de la liberté en mettant un terme à la Guerre de libération nationale gagnée à la force des armes et la volonté des millions d’Algériens qui ont subi la nuit coloniale faite de souffrance et de sang et ce, pendant plus d’un siècle avec un lourd tribut de pertes en vies humaines, martyrs de cette révolution qui a fait des dizaines de milliers de veuves et d’ orphelins, des milliers de prisonniers ainsi qu’un pays complètement dévasté par la politique de la terre brûlée laissée par la France coloniale.

Avant d’aboutir à la signature de ces Accords d’Evian, signés le 18 mars 1962 par la délégation algérienne, ces Accords furent, avant tout, la consécration de longues tractations et négociations. La France avait tenté à plusieurs reprises d’entraver ces négociations en présentant des propositions visant à priver l’Algérien de sa souveraineté nationale, avait témoigné feu Réda Malek, porte-parole de la délégation provisoire du GPRA, dirigée par Krim Belkacem. Les négociations d’Evian avaient débuté en mai 61 et ont dû être suspendus à plusieurs reprises en raison de l’entêtement de l’ancienne puissance coloniale à vouloir conserver le Sahara algérien sous sa tutelle ainsi que la base navale de Mers El Kebir et également la question des milliers de Français qui étaient établis en Algérie. La délégation algérienne avait rejeté toutes les offres françaises qui misaient à travers ses propositions à s’approprier d’une partie du territoire, la délégation algérienne a été ferme, refusant de céder une partie du territoire à la France après l’indépendance. Les Accords ont alors abouti au compromis du maintien des investissements des Français au Sahara pendant une durée de trois ans, notamment après la découverte du pétrole. Pour ce qui est de la présence des Français sur le sol algérien, ces derniers ont eu le choix et conformément aux Accords d’Evian d’être tolérés sur notre sol durant une période de trois ans, au terme desquels ils devaient choisir pour la nationalité algérienne ou de garder leur nationalité française et d’être traités conformément aux lois qui régissent les étrangers en Algérie. Pour ce qui est de la base navale de Mers El Kebir, la partie française insistait pour l’exploitation de cette zone pour une durée de 99 ans, le rejet de cette proposition a abouti sur l’accord de concession pour une durée de 15 années. Cette année, la fête de la Victoire intervient dans un contexte politique très particulier, marqué notamment par les grandes manifestations qui ont secoué le pays et qui appellent à un changement radical du système. Le Président Bouteflika, qui a adressé un message à l’occasion de cette journée, considère que cette Journée a été le couronnement de notre Victoire éclatante face à l’occupant qui n’avait d’autre choix que de reconnaître notre droit légitime à l’indépendance et à la souveraineté nationale.

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