Pour faire face aux vulnérabilités dans la réalisation des logements

Une stratégie nationale doit prendre le relais

Par:  Abdelkader Mechdal

La problématique de la satisfaction de la demande de logements en Algérie ne concerne pas seulement les fonds qu'il faut rassembler pour financer les projets, mais plutôt d'autres éléments indispensables à réunir pour faire face à ce grand marché.


Le record national, en matière de consommation des budgets alloués aux différents programmes publics de construction des logements, a atteint les 7 milliards de dollars, enregistré en 2014 pour la réalisation de quelque 400 000 unités. Ce chiffre représente, en fait, la capacité maximale de réalisation pouvant atteindre l’objectif escompté, puisque la moyenne annuelle dans la période du dernier quinquennat ne dépassaint pas les 250 000 à 300 000 logements.

A partir d'un déficit en logements, qui revient souvent dans les esprits des citoyens sous appellation de crise de logement, calculé entre 4 et 5 millions d'unités, les pouvoirs publics ont dû affronter plusieurs paramètres pour arriver à terme des programmes conçus. Avec l'amélioration des rentrées en devises pendant plus d'une décennie (2003/2013), le coup d'envoi des grands programmes de réalisation a été donné, profitant des moyens financiers accumulés, ce qui a permis le lancement effectif de plusieurs formules de logement, selon les capacités financières des différentes catégories sociales.

La deuxième contrainte, qui a été posée, a une relation avec les capacités nationales de réalisation. Là, il s'agit bien d'un problème structurel, puisque les entreprises algériennes sorties d'une restructuration désastreuse des années 1990, étaient incapables, vu leurs volumes, de suivre la réalisation de la politique de logement en son intégralité. La solution préconisée, c'était de faire recours à la coopération internationale. A partir de là, plusieurs entreprises étrangères ont soumissionné, mais juste quelques nationalités d'entres-elles ont pu tenir le cap, à l'instar des chinoises et turques qui ont raflé l'essentiel des projets inscrits.

L'autre contrainte avait relation avec l'approvisionnement des sites de réalisation en matériaux de construction, et de main-d'œuvre qualifiée. Pour les deux facteurs (matière première et travail), il y a eu recours intensif à l'importation des quantités qu'il fallait d’une part, vu le manque enregistré en offre nationale dans ce domaine, et pour respecter les délais de réalisation d'autre part, condition majeure pour la réussite de la politique qui s'étale sur plusieurs quinquennats.

Tous ces paramètres constituent les conditions pour réussir la politique de logement, et vu la vulnérabilité de recourir intensivement aux moyens étrangers pour la réalisation, et à partir de là, permettre aux Algériens d'accéder au logement, ça pose le problème de garantir les

moyens de réalisation d'une façon durable, et cet objectif ne peut être satisfait que par les moyens nationaux.

Cette situation est facilement vérifiable sur le terrain, puisque le manque des rentrées en devises à partir de 2014 a affecté négativement la possibilité de maintien des projets inscrits à la réalisation. D'une part, les organismes publics ont accusé un retard dans le paiement des créances des entreprises réalisatrices, et d'autre part, la capacité de recourir davantage à l'expertise étrangère s'est rétrécie.

Il est simpliste de faire croire que le fait de prendre une décision, nationaliste qu'elle soit, d'offrir les projets aux entreprises algériennes, va résoudre le problème de satisfaction de la demande de logement. Une stratégie à long terme doit prendre le relais, si on veut faire jouir l'économie nationale des bienfaits de l'effet multiplicateur du secteur de l'habitat. Ne dit-on pas que si ce secteur va, tout va?

Lu 118 fois Dernière modification le mardi, 19 mars 2019 18:29