31 décembre 1963

La naissance de Sonatrach

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Se trouvant dans une situation à découvert, l’Algérie décide d’être de la partie dans une industrie lui revenant de droit. En 1963, le 31 décembre, la Sonatrach a été créée mais juste pour le projet de construction d’un oléoduc reliant Haoud El Hamra à Arzew. Ce pipe de 28 pouces et long de 800 km va, avec sa capacité de 21 millions de tonnes de pétrole, soulager les compagnies françaises dans l’extension des capacités de transport puisque dans un premier temps Sonatrach n’était qu’un simple partenaire au sein de l’Association coopérative «Sonatrach-Sopefal» (Ascoop), créée en juillet 1965 pour mieux explorer le sous-sol du Sahara algérien. Le partage équitable des capitaux constitue un point essentiel de l’accord de cette association dans laquelle Sonatrach n’a cependant pas été épargnée du comportement grégaire de ses partenaires. Ces derniers, connaissant mieux le terrain, voyaient déjà leurs intérêts remis en cause avec l’implication de la partie algérienne. Les compagnies françaises accordent une priorité à l’exploitation des gisements et minimisent les efforts de recherche, ce qui est, pour Alger, un dédit des accords supposés immuables, ayant donné naissance à cette association.

Dans le même temps, le niveau de production et des exportations algériennes était insignifiant avec moins d’un million de tonnes de pétrole par an, et ce, jusqu’à 1966, quand le baril était vendu à moins de 2 dollars, tandis que les exportations pétrolières des compagnies françaises sont curieusement passées de 20-25 millions de tonnes par an avant la naissance de l’Ascoop à 30-35 à partir de 1965 (soit plus de 90% de la production).

En 1969, l'Algérie estime que les compagnies françaises n'ont pas tenu leurs engagements en matière d'investissement, qui ont énormément chuté entre 1965 et 1968, pendant que beaucoup de gisements sont découverts par Sonatrach, alors que selon les accords, les compagnies françaises devraient verser une partie de leurs bénéfices dans la recherche ou sous forme d'impôts. Conscients du souci d’asseoir le développement de l’économie nationale, les Algériens décident d’étendre leur implication dans tous les secteurs de l’activité pétrolière. L’ère des prérogatives de l’Ascoop (qui n’a éclaté malgré tout qu’en 1972) n’aura ainsi duré que 3 années, durant lesquelles les Algériens ont déjà beaucoup perdu en matière de recettes.

La nationalisation du 24 février 1971

Malgré le fait que les nationalisations de 1967-1968 et l’adhésion à l’Opep en 1969 aient permis à l’Algérie de consolider sa position dans le contrôle de ses richesses naturelles, il n’en demeure pas moins que la défense de ses intérêts n’a pas atteint sa complète légitimité dans l’esprit de certains médias français qui reviennent à la charge contre l'Algérie pour avoir souhaité, à l’occasion de la révision des accords de 1965, l’ajout de quelques dizaines de cents au prix du baril algérien. Alger augmenta quand même le prix de son baril de 2 à environ 3 dollars. Restée sur sa soif de consolider ses intérêts légitimes, l’Algérie, jalouse de ses richesses naturelles, procède aux nationalisations historiques du 24 février 1971, puis à la promulgation de la loi fondamentale du pétrole deux mois après (loi 71-22 du 12.04.1971), fixant les modalités et les conditions pour les compagnies étrangères désireuses d’opérer en

Algérie et mettant, du coup, fin au régime fiscal de faveur pour les compagnies françaises et abrogeant de fait tous les codes pétroliers précédents, y compris certaines dispositions des accords d’Evian et de l’Ascoop.

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LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances