Sécurité alimentaire

Abdelkader Bouazghi appelle les agriculteurs à se diversifier

Par:  Réda Hadi

Alors que l’on disait que l’agriculture algérienne est proche de sa fin, tant elle était enlisée dans d’énormes problèmes de production et de structuration, celle-ci avec ses derniers résultats a le vent en poupe, au point où, fort des résultats obtenus par son secteur, le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazgui, a appelé, samedi à Blida, les agriculteurs à maintenir le rythme mais surtout à se diversifier, car pour ce responsable, «la sécurité alimentaire nationale était tributaire de l'autosuffisance dans la production des différents produits agricoles».

Si la sécurité alimentaire en Algérie a connu des avancées significatives durant ces dernières années, elle reste toutefois caractérisée par plusieurs fragilités liées notamment à la dépendance aux marchés extérieurs et au recours aux subventions publiques.

Par ailleurs, le secteur souffre énormément de l’emprise de spéculateurs qui faussent et perturbent les prévisions. De plus, les agriculteurs ne sont pas formés et ne possèdent pas la culture du risque. Un manque aggravé par le manque de mesures de consommation, ce qui nuit énormément à la programmation de ce type de culture en fonction des besoins.

Si les résultats sont présents, cela n’induit nullement la pérennité du succès connu.

Reste que pour M Bouazgui, «la réalisation de l'autosuffisance dans les différentes filières agricoles est le seul moyen de garantir la sécurité alimentaire en Algérie».

Loin s’en faut, mais l’agriculture en Algérie, selon des économistes qui constatent que l'amélioration de l'état général de la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle est soumise à de grands risques sur le plan de la durabilité. Et c’est là où le bât blesse.

Le ministère de l’Agriculture dans son plan de réorganisation, avait procédé, depuis avril 2018 (date de la tenue des assises nationales sur l'agriculture) sur instructions du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à l'accompagnement des agriculteurs pour une meilleure organisation, restructuration et modernisation du secteur, en se concentrant sur l'appui aux associations et coopératives agricoles, d'où l'installation de 572 conseils interprofessionnels de wilayas et 20 conseils nationaux représentant les différentes filières agricoles, outre l'affectation de 3 000 milliards de dinars sous forme d'aides aux agriculteurs.

Par ailleurs, le ministre a souligné qu'il sera procédé prochainement à l'augmentation de l'exportation de manière sensible, appelant l'ensemble des partenaires du secteur au niveau national à doubler la production et œuvrer pour son amélioration sur les plans qualité et quantité pour concourir à la réalisation de l'objectif escompté.

Avec l’application de cet appel, l’Algérie compte asseoir ses succès agricoles, mais des observateurs émottent des bémols et soulignent surtout que l'accroissement de la production agricole, même s'il reflète l'effort considérable engagé, reste toujours bien en-deçà d'une demande croissante plus rapide durant la même période, sous le double effet de la reprise de la croissance démographique et de l'amélioration des revenus moyens des ménages, d'où le creusement de l'écart entre offre et la demande, imposant une hausse continue des volumes de denrées alimentaires importées.

Le ministre de l’Agriculture, étant plus optimiste, assure qu’avec le bond qualitatif réalisé par le secteur de l'agriculture, la valeur de production durant les 10 dernières années a dépassé les 3 200 milliards de DA et contribue désormais à plus de 12,5% du PIB, tout en précisant que nos produits sont exportés vers les Etats-Unis, l'Afrique et le monde arabe et sont concurrentiels au même titre que les produits internationaux, mais que le secteur reste à améliorer.

Le défi est immense au regard des chiffres qui caractérisent ce secteur. Le taux de la couverture de la production locale des besoins du marché algérien est de 30% seulement pour les céréales, 30% pour le lait, 5% pour les huiles alimentaires et 0% pour le sucre.

De plus, les mécanismes de soutien des prix exigent des efforts budgétaires croissants de la part des pouvoirs publics alors que les ressources utilisées proviennent des exportations des hydrocarbures et viennent réduire les capacités d'investissement du pays, en particulier dans la diversification de l'économie.

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