Appel à une grève les 26 et 27 février en cours

Le collectif des syndicats autonomes de l’éducation mobilisé

Par:  Chahinez Djahnine

Deux jours de grève sont annoncés pour les 26 et 27 février 2019, par le collectif des cinq syndicats autonomes du secteur de l’éducation nationale, selon un communiqué rendu officiel par les cinq syndicats concernés (Cnapest, Stef, Unpef, Cela, Snapest). Ces derniers sont décidés pour réussir leur grève en appelant leurs bases syndicalistes à faire preuve de détermination contre toute tentative d'avortement de leur mouvement de protestation. A travers leur document rédigé, ce collectif de syndicats lance un appel pour une mobilisation autour de leurs revendications socioprofessionnelles, entre autres, la réorganisation et la correction des corps d'enseignants, et l’amendement de la loi réglementaire.

Les revendications de l’intersyndicale portent aussi sur «le statut particulier, le maintien de la retraite proportionnelle et de la retraite sans condition d’âge, l’abrogation définitive de l’article 87 bis (de la loi de finances de 2015) et la création d’une prime spécifique aux corps communs et ouvriers qualifiés», et à l’application du décret présidentiel 266/14, qui reclasse les enseignants détenteurs de licences ou de DEUA dans la catégorie 12 de la grille indiciaire des salaires au lieu de la 11 actuellement.

Ce collectif de syndicats demande à la tutelle d'ouvrir un espace de concertation et de dialogue dans le but de trouver des solutions aux revendications socioprofessionnelles soulevées.

Pour rappel, la semaine dernière, l’intersyndicale avait manifesté son étonnement quant au contenu des PV relatifs aux discussions tenues à la mi-janvier dernier avec des représentants du ministère de l’Éducation nationale.

Selon certains membres de l’intersyndicale, «ces PV ne reflètent pas les discussions que nous avons eues avec les représentants du ministère». Boualem Amoura, du Satef, a relevé que «les réponses du ministère sont vagues et sans délais». Pour lui, «le ministère pousse au pourrissement du dialogue».

La ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghabrit, a fait savoir que «le projet de PV des rencontres bilatérales avec les syndicats relevant du secteur de l’ éducation a été communiqué à l’ensemble des syndicats» dont ceux ayant appelé à la grève du 21 janvier dernier, c’est-à-dire l’intersyndicale, ou ceux souhaitant soulever une série de préoccupations au ministère.

Elle a expliqué que le ministère «travaille sur la base d’un protocole de dialogue avec le partenaire social». Cependant, elle a suscité la colère des syndicats début février lorsqu’elle a déclaré à la radio chaîne III que le cycle de discussions avec les syndicats aboutira «à un

échec». «Nous ne sommes plus dans la problématique des années 2014-2015, où les syndicats obligeaient le ministère à appliquer leurs revendications», a-t-elle dit, avant de relever qu’«il y a de grands désaccords entre les syndicats».

Sur le point du statut particulier, une des revendications des syndicats, elle a expliqué : «Nous leur avons dit qu’il y a une commission du ministère qui travaille avec la Fonction publique», tout en reconnaissant que la mise en place d’une commission du statut particulier «a pris du temps».

Nouria Benghebrit avait annoncé qu’il a été procédé «au reclassement du diplôme d’études universitaires appliquées (DEUA) à la 11e catégorie au lieu de la 10e et la licence (classique et LMD) à la catégorie 12 au lieu de la 11 au profit des catégories de personnels détenteurs de ces diplômes.

Décidément, le bras de fer avec l’intersyndicale n’est pas prêt de se terminer, d’autant que la ministre de l’Éducation nationale a expliqué aux syndicats que certaines de leurs revendications relèvent des compétences et prérogatives du gouvernement, notamment le dossier de la retraite anticipée et les revalorisations des salaires.

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