Economie hors hydrocarbures

Développer l’autre alternative, le tourisme

Par:  Réda Hadi

Les politiques nationales menées depuis maintenant 30 ans n’ont pas, pour une raison ou une autre, créé une croissance suffisante pour être en mesure de soutenir un environnement propice à l’activité et au développement touristique en Algérie. A l’heure actuelle, où les exportations hors hydrocarbures sont devenues le credo des pouvoirs publics, pour pallier à l’économie des énergies fossiles, la question est devenue fondamentale, tant ce type d’économie peut contribuer largement au PIB national.

Une chose est sûre, les pouvoirs publics accordent une attention toute particulière à ce créneau et le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud, a affirmé, jeudi à Biskra, que le secteur touristique en Algérie constituera une alternative aux hydrocarbures durant les prochaines années.

Pour beaucoup d’observateurs, le tourisme en Algérie pour réussir devra sortir de sa longue léthargie et de l’état de l’hibernation dans lequel il se trouve depuis des décennies. Il faut convenir certes, que depuis quelques années, les constructions d’hôtels se sont multipliées, et que cela n’a pas suffi à développer un tourisme en mal d’«être», et ce, d’autant plus que le ministre en charge de ce secteur a fait montre de son irascibilité au sujet de certaines entraves empêchant d’atteindre les objectifs tracés en matière d’investissement touristique, notamment celles liées aux relations avec les banques, tout affirmant que des efforts sont faits pour y apporter des solutions qui seront évoquées au cours du séminaire national sur l’investissement agricole prévu en mars prochain.

Si avec toute l’ouverture opérée depuis plus de 10 ans dans ce domaine, seul le tourisme d’affaire tire son épingle du jeu, le statu quo est toujours présent, et toutes autres formes de tourisme (balnéaires, éco-tourisme, de montagne, saharien, d’hivers……) restent en gestation, sinon sombre dans la stagnation.

En Algérie, le tourisme représente à peine 1,5% du PIB. Le World Economic Forum classe l’Algérie à la 118e place sur 180 pays dans la compétitivité touristique. La Tunisie occupe la 14e place et le Maroc la 16e. Ces statistiques sont évidentes, elles ne nécessitent pas de commentaires sur notre faiblesse dans le domaine touristique.

Des économistes suggèrent, que pour sortir de cette impasse, il faut se demander pourquoi l’Algérie occupe ce rang qui ne l’honore pas et ce, d’autant plus qu’elle possède des potentialités indéniables bien supérieures à nos voisins immédiats.

Certains voyagistes vont même jusqu’à dire «que nous avons un manque flagrant de culture touristique. La politesse, l’accueil chaleureux et l’ouverture sur l’autre doivent exister chez

nous. Il ne faut pas voir en l’étranger un intrus qui vient nous dévaliser alors qu’il y a des millions de nationaux à l’étranger», ce qui est symptomatique du malaise du tourisme en Algérie.

Pour cela, la formation d’un personnel touristique conformément aux normes mondiales est devenue essentielle. Les écoles de tourisme ne sont pas nombreuses et sans personnel adéquat, il n’y a pas de tourisme. Si certains pays ont des structures touristiques adéquates, mais souffrent de l’absence de ressources humaines, cela n’encouragera pas les touristes à venir visiter le pays. D’où l’importance de la formation de compétences dans les domaines de l’accueil et de l’hébergement.

D’autres proposent aussi de développer le tourisme chez l’habitant. Chez nos voisins, cette méthode fonctionne bien. Cela créera des petites entreprises privées et pourrait aider l’industrie touristique qui souffre du manque de lits.

La destination Algérie n’a pas beaucoup d’échos auprès du marché, à l’image des pays voisins la Tunisie et le Maroc qui avancent à grands pas dans le tourisme international avec respectivement 8 millions et 10 millions de touristes étrangers chaque année et les entrées de capitaux ont fortement augmenté dans ces pays.

En Algérie, bien que nous ayons de gros atouts, on laisse fondre le tourisme et on se met en colère quand nos compatriotes se font malmener à l’étranger. L’immensité du désert, des sites paradisiaques, une côte magique de 1 200 kilomètres, font, de tout ce patrimoine, un trésor caché sur notre terre, et dont tout le monde connaît l’emplacement mais que personne n’ose exploiter. Selon un rapport de Greenpeace, l’Algérie est élue parmi les 10 plus beaux pays du monde par sa diversité naturelle, ses paysages pittoresques, sa verdure, ses plaines et son désert.

A quand le réveil de ce géant touristique ?

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