Industrie électronique

M. Yousfi prend les choses en main

Par:  Réda Hadi

Dans un secteur réputé fort et le vent en poupe, tout ne va pas aussi bien que cela ne le paraît, l’industrie, en dépit de l’opulence et d’une certaine réussite, est envasée dans des problèmes liés à la formation et à la recherche. Secteur de pointe par excellence, l’électronique en Algérie n’est toujours pas souveraine dans ses choix, et par manque de marketing percutant, la production est en baisse par rapport à 2017. Une raison qui a poussé Youcef Yousfi, ministre de l’Industrie et des Mines, à réunir les principaux acteurs de ce secteur, à l’effet d’examiner l’évolution du secteur en Algérie.

Lors de cette réunion de concertation, plusieurs questions ont été débattues, parmi lesquelles les potentiels et capacités de l’industrie nationale de l’électronique, les taux d’intégration atteints dans cette filière, les difficultés rencontrées par les opérateurs ainsi que les suggestions et propositions des industriels.

A l’issue de cette rencontre, il a été convenu de créer un institut de formation commun dans les métiers des industries électroniques et une association regroupant les différents acteurs de la filière.

La réussite de ce «secteur est à l’image de la production en Algérie, où les technologies sont achetées à prix coûtant sans presque aucun transfert de technologie, si ce n’est dans la pratique de la maintenance. Un raison qui a poussé le ministre de l’Energie et des Mines, à s’engager d’accompagner davantage les industriels de cette branche et alléger les procédures administratives liées aux processus de fabrication et délais d’examen des dossiers SKD/CKD, a conclu le communiqué.

Promu au début de la libéralisation du marché à un avenir plus que florissant, ce secteur après l’euphorie des premiers succès, s’est trouvé confronté, à la faiblesse d’un tissu industriel de PME/PMI, qui a forcé les investisseurs à importer plus de pièces qui pouvaient être fabriquées localement, engendrant par là, des surcoûts de production et de stockage.

De plus, pour faire face à la concurrence, les grosses entreprises de ce secteur se sont livrées à une guerre sans merci, pour présenter un produit de dernière génération.

Sauf que quel que soit le produit, la qualité «Made in Bladi» n’a pas encore trouvé ses marques dans un marché dominé largement par la réputation de marques étrangères, et ce, en dépit de multitudes campagnes pour favoriser le produit national.

De plus, dans un marché de plus en plus étriqué, les achats ne s’en sont pas suivis.

Certains économistes font observer que ce secteur a tendance à se disperser, et la foultitude d’entreprises de montage n’arrange pas les choses.

Alors que les pouvoirs publics ont tout fait pour créer un Hub de l’électronique, les investisseurs créent des usines un peu partout.

Par ailleurs, la perte du pouvoir d’achat de nos concitoyens a pris de court les géants de l’électronique en Algérie, qui ont vu leurs recettes s’éroder.

Face à ce constat, pour beaucoup, l’industrie de l’électronique ne peut avoir de sursaut que dans l’innovation et la recherche. Et de ce point de vue, les acteurs de ce secteur sont à la traine.

Lu 123 fois