Hausse de la consommation de l’électricité et du gaz

Guitouni tire la sonnette d’alarme

Par:  Zahir R
  1. Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, a tiré, hier, la sonnette d’alarme sur la consommation de l’électricité et du gaz en Algérie. Le taux d’évolution de la consommation avoisinant les 7% annuellement est jugé de «trop élevé», comparativement aux pays développés, à titre d’exemple aux Etats-Unis où l’évolution ne dépasse pas les 4%, et en France, où elle varie entre 4 et 5%. M. Guitouni, qui s’exprimait hier lors d’un point de presse sur le marché de l’électricité eu du gaz en Algérie, a expliqué cette hausse de la consommation d’électricité en Algérie par deux raisons : absence d’un modèle de consommation ou par le gaspillage, soutenue notamment par le prix «bas» de l’électricité.

Il a rappelé dans ce cadre, que ce tarif n’est pas réel, «nous facturons de l’électricité pour le citoyen à 4 DA, alors que son prix de revient est de 12 DA. La différence, qui est énorme (8 DA) est prise en charge par l’Etat. On ne peut pas continuer comme ça. Celui qui consomme beaucoup doit payer plus». Un message clair pour les Algériens qui doivent impérativement revoir leurs modes de consommation. M. Guitouni, qui a prôné un discours franc et direct envers les citoyens, a fait savoir que cette question est en cours d’étude dans le cadre de la politique de ciblage de subventions (en cours d’élaboration) pour une probable révision des tarifs de l’électricité. D’ailleurs, c’est ce que le PDG de la Sonelgaz, Mohamed Arkab, a plaidé recensement, tout en avouant que la société recourt à l’endettement pour le financement de son plan de développement.

  1. Guitouni a, à cet effet, insisté sur la nécessité de la création d’un nouveau modèle de consommation pour économiser le gaz et l’électricité. Le ministre a fait savoir dans ce sens que les 450 agences de la Sonelgaz ont engagé un grand travail de sensibilisation sur la question, dans le but de préserver de l’électricité et du gaz, afin d’exporter l’excédent vers nos voisins et l’Europe. Ces actions, ajoute-t-il, commencent de donner leurs fruits sur le terrain, du fait que la consommation de l’électricité a enregistré une sensible baisse ces deux dernières années. Toutefois, un grand travail reste à faire, précise-t-il, sur le plan de sensibilisation.

Par ailleurs, il a appelé l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l'utilisation de l'énergie (Aprue) à s’impliquer davantage dans cette campagne, visant à l’instauration d’un modèle de consommation typique à l’Algérie.

45 milliards de m3 du gaz consommés en Algérie

Concernant la consommation du gaz, le ministre a précisé que 98% de l’électricité provient du gaz, tout en révélant que la consommation locale en cette énergie varie entre 40 et 45

milliards de mètres cubes. « Les citoyens consomment près de 10 milliards de m3, 15 milliards livrés par la Sonatrach directement aux grands industriels tout comme El-Hadjar et 20 milliards m3 du gaz sont utilisés par la Sonelgaz pour la production de l’électricité», a-t-il précisé, tout en appelant à la rationalisation de notre consommation pour la préservation de nos réserves et augmenter nos exportations vers l’étrangers. Pour lui, «si on continue avec cette allure de consommation, on ne pourra pas satisfaire la demande locale».

Et d’ajouter : «durant la période du 15 juin au 15 août, notre consommation a atteint le pic de 16 000 mégawatts (MW), ce qui nécessite l’investissement de 2 milliards de dollars annuellement». En outre, indique-t-il, «notre consommation durant les autres mois ne dépasse pas les 10 000 MW». Autrement dit, l’Algérie a un surplus de 9 000 MW, d’où la nécessité de trouver des marchés à l’étranger pour sa commercialisation. M. Guitouni a fait savoir qu’actuellement «nos exportations en électricité ne dépassent pas les 450 MW, faut de réseau».

Une étude est cours de réalisation, révèle-t-il, pour la réalisation d’un câble sous marin d’une longueur de 197 km adjacent du gazoduc Témouchent-Alméria (Espagne) pour l’exportation de l’électricité vers les pays européens, qui sont en difficultés en la matière, notamment avec le problème du nucléaire, qu’ils ont. «On veut engranger de la devise pour poursuivre le chemin de développement de notre pays, tout en améliorant le quotidien de nos citoyens», a-t-il conclu.

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