Fuite de cadres, augmentation de la production…

Les défis à relever par la Sonatrach en 2019

Par:  Zahir R.

Le géant pétrolier algérien «Sonatrach», qui songe à se positionner parmi les cinq majors compagnies dans le mode à l’horizon 2030, doit impérativement procéder à des ajustements et révisions dans son plan de développement. La réorganisation des ressources humaines et l’augmentation de sa production, notamment en matière de raffinage de produits figurent parmi les priorités du groupe pour l’année 2019. En effet, pour le PDG de la Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour «il est inconcevable de continuer comme ça ! Et rester les bras croisés devant la fuite de nos cadres».

Tout en rappelant que durant les dernières années, le Groupe a perdu 16 000 employés, le premier responsable de la Sonatrach a tiré la sonnette d’alarme en indiquant que « si cela continue, nous perdrons les cadres de qualité que nous avons et on ne pourra pas atteindre les objectifs tracés».

C’est pour cette raison qu’on doit procéder, ajoute-t-il, à la révision de toute l’organisation des ressources humaines qui débouchera probablement sur une hausse des salaires des employés. «En comparaison à d’autres compagnies du monde qui ont la même organisation que Sonatrach, cette dernière est placée dernière en termes de salaires versés aux employés», a-t-il souligné, lors d’un point de presse tenu à l’issue d’une visite de travail dans les régions de Tamanrasset, In Salah, Adrar et Timimoun.

Concernant le deuxième défi, à savoir l’augmentation de ses capacités de production, M. Ould Kaddour dira que le Groupe compte les revoir en 2019, et inaugurer la raffinerie d’Alger, chose qui «aurait dû se faire il y a longtemps».

Sur un autre registre, il a évoqué la forte fluctuation du prix du baril de brut sur le marché international, faisant que pour l’instant le Groupe ne peut que s’en tenir qu’aux engagements qu’il a déjà pris notamment en termes de raffinerie. «Avec un baril de brut à 50 ou 60 dollars sur le marché mondial de pétrole, il serait difficile de projeter des investissements pour l’année prochaine, Nous espérons que le baril atteindra les 70 ou 80 dollars pour que nous puissions voir quels sont les investissements engager», a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, le PDG de la compagnie pétro-gazière nationale a laissé entendre que l’Algérie se dirige vers l’assurance de son autosuffisance en matière du carburant, notamment. Assurément, cette démarche pourrait être réalisable grâce à la production de ses nouvelles raffineries, en particulier celle d’Augusta (Italie) acquise récemment par le Groupe algérien, dont l’entrée en production de raffinerie est prévue dès 2019. «Ces nouvelles raffineries permettront au pays de cesser ses importations coûteuses en produits raffinés, rappelant que

durant les 10 dernières années, elles ont représenté environ 25 milliards de dollars», a-t-il soutenu.

En réponse aux journalistes concernant la commercialisation des produits de la raffinerie d’Augusta (Italie), M. Ould Kaddour a souligné que ces derniers disposent «d’une valeur ajoutée supérieure en Europe en comparaison à celle qu’ils ont en Algérie, vu que les contraintes spécifiques de l’analyse dans le pays sont moins difficiles qu'en Europe».

Ainsi, selon ses propos, ces produits sont «plus intéressants à vendre en Europe qu’en Algérie», notant qu’il y aura néanmoins une partie de cette production qui sera destinée à la consommation nationale. Cette usine, rappelle-t-il, produit 10 millions de tonnes annuellement, soit 3 fois plus que celle d’Alger et 2 fois plus que celle de Hassi Messaoud.

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