Création de zones industrielles dans les zones enclavées

Le privé invité à s’y impliquer

Par:  Réda Hadi

Comme l’a affirmé le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, lors de sa rencontre avec les walis, l’économie ne peut se développer qu’à travers un essor de l’économie locale. Une économie locale tributaire de porteurs de projets et d’investisseurs. Sauf que les investisseurs se sont concentrés principalement sur la frange littorale où les moyens de communication sont plus présents. Partant de ce constat, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, veut donner plus d’élan aux zones des Hauts Plateaux et au Grand Sud. Ces régions possèdent des atouts indéniables pour que l’on s’y intéresse. C’est dans cette optique que ce dernier a exhorté les investisseurs à se diriger vers ces zones qui sont prometteuses et de surcroît rentables.

Youcef Yousfi a mis en relief que le foncier au nord est pratiquement introuvable et surchargé. Développer davantage le Nord serait pour lui un non sens encosmique.

Si l’intention est louable et censée, elle n’en demeure pas moins difficile à résoudre, car les potentiels investisseurs mettent en avant le manque, sinon l’inexistence des structures d’accompagnement des futures zones industrielles dans ces régions. Une raison de plus qui les oblige à s’orienter vers le Grand Nord. Aussi, ce ministère s’attache tout particulièrement à la création d’activités industrielles dans des régions peu peuplées et mal desservies, notamment les Hauts Plateaux et les régions du Sud, afin de renforcer l’emploi et d’augmenter les revenus en dehors des grandes zones urbaines.

Il faut arriver à rectifier les erreurs du passé où pratiquement toutes les zones industrielles qui ont été créées l’ont été près des côtes ou près des grandes villes où l’économie est plus dense.

Pour ce faire, le ministre de l’Energie et des Mines a avancé la proposition de création de 50 nouvelles zones industrielles dans 38 wilayas. Pour rappel, l’Algérie ne dispose actuellement que de 72 zones industrielles couvrant environ 10 000 hectares. Ce qui est peu et ne répond nullement aux exigences actuelles de développement.

C’est dans la création de zones industrielles qui pose problème. A ce sujet, il faut savoir que le nombre d’entreprises en quête d’assiettes de terrain augmente d’année en année pour lancer des projets ou des extensions. Sauf que ces demandes sont principalement concentrées sur le Nord.

En effet, des investisseurs se sont plaints de ne pouvoir investir dans les régions du Grand Sud ou des Hauts Plateaux par manque de structures d’accompagnement.

Bien souvent, des zones industrielles sont délimitées et créées, sans pour autant que des travaux de VRD ne soient effectués. Pour beaucoup d’investisseurs, ces zones industrielles ne possèdent pas toutes les commodités d’énergie et d’alimentation en eau. De plus, certaines communes pressenties pour accueillir ces zones industrielles se disent incapables de les financer. Par ailleurs, quand la demande d’inscription est formulée à la hiérarchie, le temps de réponse est jugé trop long, et les investisseurs, pour qui le temps est de l’argent, vont dans des zones déjà affirmées et surpeuplées

La machine administrative s’est révélée bien plus effective que les directives qui sont données.

Déjà en 2016, des orientations fermes ont été données par le directeur général de l’Agence nationale d’intermédiation et de régulation foncière (Aniref) aux directeurs régionaux et aux responsables des structures centrales à l’effet de lever les contraintes soulevées qui retardent la réalisation du programme des nouvelles zones industrielles. Notons que l’Aniref a annoncé, dès le début de l’année 2016, vouloir accélérer la cadence pour ce qui est de la réalisation des parcs industriels.

Des propositions ont donc été formulées pour la création de zones industrielles privées livrables clés en main et gérées par le privé.

La réhabilitation des zones industrielles doit relever aussi du travail des opérateurs économiques. C’est l’appel lancé par le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, lors de son intervention à l’université du FCE. «Le secteur privé doit prendre des initiatives et contribuer à la réhabilitation de ces espaces dédiés à la production», a-t-il soutenu. Selon lui, «à cause de la situation financière du pays, l’Etat ne peut assurer à lui seul plus de charges». En se référant à des calculs établis par son département, le ministre a précisé que l’aménagement du mètre carré reviendra à 200 DA. M. Yousfi a évoqué le cas de la Tunisie où les chefs d’entreprise contribuent à hauteur de 50% dans l’aménagement de zones industrielles. On leur a même proposé de s’organiser en syndicat. Le ministre a enfin mis en exergue le caractère stratégique du dossier, déplorant au passage l‘existence de zones industrielles «dormantes».

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