Des experts financiers l’ont souligné à la Saafi 2018

La finance islamique, une solution pour l’économie algérienne

Par:  Zahir R

Le premier symposium algérien de l’assurance et de la finance islamiques (Saafi 2018) de deux jours s’est ouvert hier à Alger. Organisé sous le patronage du Haut-conseil islamique (HCA) et placé sous le thème : «Apports de la finance islamique à l’économie nationale : enjeux et opportunités», il est considéré par les organisateurs comme un véritable carrefour et point de convergence de l’expertise et des compétences.

En effet, ce rassemblement d’experts nationaux et internationaux venus de 25 pays devrait permettre d’apporter aux institutionnels et aux professionnels du secteur bancaire, assurantiel et financier toute l’expertise indispensable à la réussite de ce nouveau défi, à savoir l’émergence d’une finance alternative plus «juste» à la traditionnelle.

Dans ce cadre, le Pr Mohammed Boudjelal, enseignant universitaire et membre du HCA, a déclaré que l’objectif de ce symposium «est de faciliter les efforts des pouvoirs publics dans leur rôle d’intégration des produits de la finance islamique, dits alternatifs, et conformes aux préceptes de l’Islam dans le système financier national en vue de l’élargissement de la bancarisation et l’inclusion des ressources financières disponibles». Et d’ajouter : «au cours de ces deux jours, nous tenterons d’identifier et partager les meilleures pratiques et solutions offertes par la finance islamique et l’assurance Takaful, renforcer les capacités des participants et des visiteurs en stratégie de développement de leurs offres et d’intégration des solutions offertes par la finance islamique et l’assurance Takaful et enfin susciter une prise de conscience du rôle positif et déterminant que peut apporter la finance islamique et l’assurance Takaful au développement de l’Algérie».

Les pouvoirs publics qui se disent conscients de la situation économique et financière difficile estiment qu’il est nécessaire la mobilisation de tous les efforts pour faire introduire les 31% de la masse monétaire qui circule hors banques. Parmi ces mesures, c’est l’introduction de la finance islamique. Un projet de loi pour la réglementation de cette nouvelle transaction est fin prêt, dira M. Goubi, responsable de la réglementation à la Banque d’Algérie.

Il a précisé que ce nouveau règlement sera publié incessamment dans le journal officiel afin de permettre aux différentes banques publiques et privées et autres institutions financières de commercialiser des nouveaux produits islamiques. Le même responsable a précisé qu’un guichet sera ouvert dans chaque banque traditionnelle et fonctionne différemment des autres. Il l’a qualifié comme une mesure de protection et de garantie pour le client. «Nous comptons à travers l’introduction de la finance islamique l’augmentation de l’épargne au niveau, notamment des banques publiques qui détiennent plus de 87% du marché financier en Algérie, d’une part pour lutter contre le circuit informel et d’autre part pour l’amélioration de

leurs capacités en matière de financement économique», a-t-il souligné. D’ailleurs, c’est dans ce cadre, que des banques se préparent au lancement de nouveaux produits dès le début de l’année prochaine.

Boulem Djabber, PDG de la Badr qui s’est félicité, d’abord, de ce règlement spécial pour la finance islamique, a annoncé que sa banque attend sa publication pour conformer ses produits avec cette réglementation.

Précisant que la Badr, qui est le plus grand réseau bancaire en Algérie, commercialise depuis 25 ans des produits sans intérêts, M. Djebbar a révélé qu’un guichet unique sera créé prochainement dans un premier temps dans chaque agence de wilaya avant de sa généralisation.

Pour sa part, le PDG de la Cnep, Rachid Atmani, a affirmé que sa banque qui a réussi à l’épargne de pas moins de 1 300 milliards de DA au niveau de 215 agences, travaille activement à la diversification de produits, tout en se conformant avec la finance islamique.

A titre d’exemple, depuis le lancement du produit «Rasmali», un compte d’épargne sans intérêt, «nous avons recensé 12 000 comptes avec 40 milliards de DA. Ce chiffre montre l’intérêt qu’accorde l’Algérien à la finance alternative». Les banques privées, à l’instar d’Al Salem Bank et el Baraka banque sont considérées comme les leaders de la finance islamique en Algérie. Leurs chiffres d’affaires ne cessent d’augmenter d’une année à l’autre. Dans ce cadre, Nasser Haiddeur, DG d’Al Salem bank, a affirmé qu’il y a beaucoup de demandes sur nos produits, le tout enregistré avec un taux de croissance de 86%. Cela veut dire, estime-t-il, que la finance islamique aura place en Algérie.

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