Stratégie nationale de lutte contre les inondations

Des images spatiales pour prévenir des catastrophes

Par:  Zahir R

Une nouvelle stratégie de lutte contre les risques d’inondation sera bientôt mise en place par le gouvernement. Elaborée avec le concours d’experts de l’UE, cette stratégie vise à une meilleure gestion et maîtrise des «inondations».

À cet effet, une convention vient d’être signée hier à Alger entre l’Agence nationale de ressources en eau (ANRH) et l’Agence spatiale algérienne (Asal) pour l’élaboration de 30 plans de prévention et de lutte contre les inondations. En effet, des images spatiales seront exploitées pour l’identification de zones à risques de ce phénomène qui prend de l’ampleur ces dernières années.

La cérémonie de signature a été tenue en marge d’une journée d’étude sur les risques des inondations qu’a organisée le ministère des Ressources en eau, en collaboration avec le ministère de l’Intérieur , des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire et le ministère de l’Environnement et des Energies renouvelables,

Ainsi, cette convention permettra aux villes exposées aux inondations de définir le cadre de coordination entre les différents acteurs concernant l’aspect préventif et opérationnel.

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Noureddine Bedoui présent à cette journée, a annoncé la dotation de toutes les communes d’un système d’alerte. Ce dernier, permettra, dira-t-il, d’alerter les habitants au moment opportun. Ainsi, l’élaboration de plans organisationnels locaux facilitera la tâche aux responsables de collectivités pour la gestion de ces catastrophes naturelles.

Il a, dans ce cadre, rappelé que les dernières inondations enregistrées durant le début d’octobre dernier, ont causé d’énormes dégâts matériels, estimés à près de 47 milliards de DA. «Sur instructions du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, nous avons pris en charge tous les sinistrés et la reconstruction des infrastructures et maisons touchées par les inondations pour un montant de 47 milliards de DA», a-t-il souligné.

Et d’ajouter : «Nous nous attelons actuellement à la mise en place de nouveaux mécanismes pour réussir cette nouvelle stratégie nationale de lutte et prévention contre les risques de catastrophes naturelles à l’horizon 2030».

Pour sa part, le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, a appelé à une synergie entre les différents départements ministériels pour une prévention et limiter les dégâts d’inondation. Dans son allocution, le ministre a indiqué que l’objectif de cette journée d’étude est de présenter les grands axes de la stratégie nationale de lutte contre les inondations. Elle a permis

l’identification de 689 sites à risques d'inondations dont 50 à haut risque parmi lesquels 24 impliquent une intervention prioritaire. M. Necib a, en outre, révélé l’acquisition de 100 stations pour la collecte d’informations et alerter les autorités contre d’éventuelles inondations. L’Etat algérien a investi, rappelle-t-il, plus de 200 milliards de DA dans des infrastructures pour protéger les villes des inondations provoquées par les intempéries. «Des infrastructures qui assurent la protection jusqu’à une certaine proportion, car il y a des mesures qu’il faut prendre aussi en parallèle », a-t-il dit.

À titre d’exemple, le ministre a rappelé que l’Algérie possède 80 barrages avec une capacité de stockage de 8 milliards de m3 et que cinq autres sont en cours de réalisation. «Ces infrastructures participent activement à la prévention contre les risques d’inondations. Elles permettent de réguler et de retenir les eaux des oueds», a-t-il indiqué.

Pour éviter les scénarios des années précédentes, M. Necib a estimé qu’«il est primordial, d’abord, de poursuivre la construction d’ouvrages de protection contre les crues», mais aussi la «mise en place d’un vaste programme de prévention à entreprendre en collaboration avec le ministère de l’Intérieur sur plus de 600 sites identifiés, consistant notamment à libérer les cours d’eau, dont les passages sont, au mépris de la loi, obstrués par des constructions illicites et autres décharges publiques».

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