Raouia présente le PLF 2019 devant l’APN

Les réserves de change vont s’épuiser en 2021

Par:  Zahir R.

Les réserves de change en devise de l’Algérie continuent de s’effondrer. Elles devraient s’épuiser en 2021. Selon les prévisions du gouvernement présentées hier par le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, les réserves de change établies à 88,61milliards de dollars à juin 2018, devraient baisser à 62 milliards en 2019, soit la couverture de 13 mois d’importations, à 47 milliards en 2020 (10 mois d’importations) avant de diminuer à 33,8 milliards en 2021 (8 mois seulement d’importations).

  1. Raouia, qui a présenté le projet de loi de finances (PLF) 2019 devant les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) a affirmé que le PLF prévoit une baisse continue de la balance des paiements qui devrait passer de 17.2 milliards de dollars en 2019, à 14.2 milliards en 2020, puis 14 milliards en 2021.

Reflétant les mesures engagées par le gouvernement en vue d’encadrer les importations, le projet de loi prévoit, ajoute-t-il, un recul de l’importation des marchandises à 44 milliards de dollars en 2019, 42.9 milliards en 2020, et 41.8 milliards en 2021.

De ce fait, le déficit de la balance commerciale ralentira progressivement pour passer de 10.4 milliards de dollars en 2019 à 8,2 milliards en 2020 et 6.4 milliards en 2021.

Il a, dans ca cadre, précisé que le déficit budgétaire devrait également reculer à 10,4% pour l’année prochaine. Il est dû notamment à une croissance de 2,9% contre une croissance hors hydrocarbures de 3,2%.

Devant des prévisions faisant état d'un recul des exportations des hydrocarbures de 1% en termes de volume pour s'établir à 33,2 milliards de dollars en 2019, il est prévu une croissance hors hydrocarbures en termes de volume, grâce à la contribution des secteurs du bâtiment et des travaux publics à hauteur de 4,7%, l'industrie (5%), l'agriculture (3,7%) et les services marchand et non-marchand (1,8%).

Le projet de loi prévoit également une hausse du volume d'exportations des hydrocarbures de 4,2% en 2020 avec des recettes estimées à 34,5 mds de dollars et de 2% en 2021 avec 35,2 mds de dollars de recettes.

Concernant le financement du déficit du Trésor entre 2019 et 2021, l’argentier du pays a reconnu qu’il connaîtra une sorte de pression, en dépit du recours au financement non conventionnel et au prélèvement à partir du Fonds de régulation des recettes (FRR) durant cette période.

Cependant, précise-t-il, le besoin au financement non conventionnel baissera, en passant à -1.874,4 milliards de DA en 2019, -746,5 milliards DA en 2020 et -796,5 milliards DA en 2021.

Le ministre a rappelé, à ce titre, que le PLF 2019 s'inscrit dans la continuité des efforts consentis par l’Etat dans le but d’alléger les effets négatifs de la diminution des ressources financières sur l’économie nationale, et ce, dans un contexte marqué par des tensions sur l'équilibre financier interne et externe du pays, en raison de la baisse des cours du pétrole.

Il a précisé que le gouvernement poursuivra son contrôle sur les dépenses publiques dans le but de limiter l’impact de ces tensions sur le Trésor public. Pour rappel, le cadrage macroéconomique retenu pour l'exercice 2019 table sur un prix de pétrole à 50 dollars le baril, un taux de croissance de 2,6% et un taux d’inflation de 4,5%.

Sur le plan budgétaire, le projet de loi prévoit des recettes de 6 508 milliards (mds) de DA en légère hausse par rapport à celles de 2018, dont 2 714 mds de fiscalité pétrolière. Pour ce qui est du prix de change du dinar algérien, il devrait se situer autour de 118 dinars/dollar, prix moyen annuel pour la période 2019-2021 avec une inflation de 4,5% en 2019 et 3,9% en 2020 et 3,5% en 2021.

A moyen terme, la croissance économique augmentera à 3,4% en 2020 et 3,2% en 2021 avec une moyenne de croissance hors hydrocarbures de 3,1% en 2020-2021, selon les prévisions du PLF.

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