L’entreprise algérienne dans l’économie digitale

Du mythe à la réalité, la nécessaire évolution

Par:  Réda Hadi.

La révolution digitale est en train de transformer, à commencer par l’économie. En ce domaine, l’Algérie a un immense retard à rattraper. Pour M. Walid Belahmer, directeur Afrique du Nord et Afrique de l’Ouest de la plateforme SAP.B1 qui est la plus utilisée de par le monde pour digitaliser les entreprises, la digitalisation des entreprises algériennes est encore à faire. Le marché est encore vierge, et ce, en dépit de certaines «success story».La digitalisation de nos entreprises reste à faire et les réticences sont encore fortes

S’il est indéniable que l’économie numérique prendra le pas, peu à peu sur l’économie «traditionnelle» et lors de la journée sur la place de l’entreprise algérienne dans l’économie digitale organisée par le bureau de consulting MC Consulting, il s’est avéré surtout que l’Algérie a plusieurs trains de retard. Pour les participants à cette journée, la situation est peut-être grave, mais pas désespérée. Mais tous s’accordent à dire que l’engouement est significatif dans notre pays, toutefois les résultats sont peu probants, en dépit de l’existence d’opportunités..

Pour M. Walid Belahmer, il n’est jamais trop tard pour réussir, l’Algérie se doit de se mettre en ordre de marche et aller vers la solution digitale. Il est évident que le monde change à une vitesse fulgurante, et que l’entreprise doit savoir s’adapter. En effet, selon des statistiques de l’ONU, les entreprises, qui sont digitalisées, ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 22,2%.

La réactivité avec la spontanéité des décisions devra être un acte immédiat, mais pour cela l’entreprise doit disposer de l’outil digital pour coordonner toutes les informations en temps réel et ainsi adopter la réponse la plus appropriée et répondre en un temps limité aux besoins des clients.

Un chef d’entreprise nous a signifié surtout que pour créer une économie digitale, il faudrait avant tout créer un environnement propice pour cela. .

Or en Algérie, nous sommes à la traîne, en matière d’internet. Ce mode de communication est essentiel dans le développement de l’ère digitale.

Dans l’économie digitale, le client peut passer commande à partir de son portable. Celui-ci doit pouvoir aussi consulter en temps réel des données qui peuvent lui parvenir de par le monde et donner des ordres à partir de ces renseignements. Par contre chez nous, c’est un point faible qu’il faudrait à tout prix résoudre, et mettre fin aux éternelles coupures d’internet et faire correspondre le débit demandé à celui envoyé.

Un autre point a été soulevé pour comprendre le retard enregistré par nos entreprises pour se digitaliser. Si comparaison n’est pas raison, M. Belahmer a quand même souligné les réticences de beaucoup de chefs d’entreprise à entrer dans l’ère du numérique.

Pour lui, cette réticence provient d’un manque de culture en la matière, et de la peur à s’engager dans un domaine qui n’est pas banalisé. Cette peur concerne surtout la sécurisation des données.

Là aussi le bât blesse. La numérisation de nos entreprises se fait (pour le moment) sans garde- fous juridiques. Les chefs d’entreprise n’ont aucune assurance sur la sécurisation de leur donnée. Notre Assemblée nationale n’a pas encore légiféré dans ce domaine, ou si peu.

Un autre fait est à soulever, c’est celui du mangement. L’Algérie mise énormément sur la croissance des PME pour développer son économie et sortir de la dépendance des hydrocarbures. Or, nos PME sont de type «familial» avec une gestion pour le moins empirique. Ce qui ajoute encore aux réticences. Car maintenant pour réussir à se développer, c’est au chef d’entreprise de s’adapter aux nouvelles méthodes apportées par de nouveaux cadres pétris dans le numérique.

La peur du numérique peut s’expliquer aussi par le fait, que nous sommes encore imprégnés de la notion du social, et que l’entreprise est synonyme pour beaucoup de chefs d’entreprises de «deshumanisation» et de robotisation.

Durant cette journée, il a été relevé que ce sont les régions centre et Est qui comprennent le plus d’entreprises digitalisées. Le Sud étant toujours sous tutelle de la Sonatrach.

La numérisation de nos entreprises est pour le moment un concept, qu’il faudrait au plus vite appliquer.

Peut-on parler de réussite de la digitalisation dans notre pays, alors que le cyber-parc de Sidi Abdallah est toujours sous exploité, pour ne pas dire inopérant.

La numérisation de nos entreprises est un passage obligé, pour leur pleine croissance, faute de quoi et face à la concurrence, c’est la mort certaine.

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