De la cueillette à la distribution

Perte de 40% dans la production agricole

Par:  Zahir R

La sécurité alimentaire passe par une lutte efficace contre le gaspillage. Ce phénomène mondial a pris des proportions alarmantes en Algérie. Un grand travail doit, en effet, se faire sur tous les plans passant de la production au consommateur. En se basant sur les chiffres de la FAO, Mme Meriem Hind Benmahdi a déploré le fait que près de 40% de la production nationale en légumes et fruits soient jetés pour diverses raisons liées aux méthodes de la cueillette des produits, l’entreposage, la transformation et la distribution, notamment.

S’exprimant hier sur les ondes de la Radio nationale «Chaîne III», à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, la directrice de l’Ecole nationale d’alimentation et des industries alimentaires a rappelé que «des centaines de milliers de tonnes de tomate ont été perdues, ces dernières années, à cause de manque d’une main-d’œuvre qualifiée, les gens maintenant boudent le métier de cueillette. A cela s’ajoutent, le problème de stockage, un manque flagrant à combler par d’autres moyens de préservation de produits tels que l’atmosphère contrôlée, le déshydrateur alimentaire (séchage) et la transformation. L’agroalimentaire doit jouer son rôle pour réduire au maximum le gaspillage et la perte de récolte».

Elle a, dans ce cadre, préconisé au gouvernement l’engagement d’un grand travail en matière de sensibilisation et de formation de l’agriculteur dans ce domaine pour la préservation de la production nationale, ainsi que la nécessité de l’introduction de nouvelles techniques dans le domaine agricole, à travers sa mécanisation. Commentant le gaspillage du pain et lait, deux produits subventionnés, Mme Meriem Hind Benmahdi a imputé en premier lieu le manque de conscience chez le consommateur non averti et qui n’a pas pris en considération son impact sur son budget et également sur son l’environnement. L’invité de la radio a, en outre, estimé que la mauvaise qualité du pain a joué un rôle dans la hausse du gaspillage de ce produit qui devrait être «noble».

C’est pour cela, recommande-t-elle, qu’il faut accompagner les boulangers pour améliorer la qualité du pain et réfléchir à une farine pour la fabrication de ce produit prisé par les Algériens.

Concernant le lait, la même responsable a regretté que sur les 150 millions de lait, pas moins de 12 millions de litres ont été jetés par les Algériens durant le mois de Ramadhan. «Les citoyens doivent savoir qu’ils sont en train de gaspiller des devises. Cet argent pourrait être utilisé dans l’achat de médicaments pour sauver des vies humaines ou servir dans la construction d’écoles et hôpitaux», a-t-elle déclaré.

S’agissant de la sécurité alimentaire qui demeure fragile, en matière de dépendance de l’Algérie vis-à-vis de l’extérieur, notamment pour ce qui concerne les semences, la directrice

de l’Ecole nationale d’alimentation et des industries alimentaires a rappelé que «le monde entier» est tributaire de deux pays producteurs se plaçant en situation de monopole.

Néanmoins, affirme-t-elle, il est temps de développer de semences locales adaptées au climat algérien.

Si, d'après elle, l’Algérien moyen «ne manque pas d’aliments», l’important consiste à améliorer la qualité et la ration alimentaire de ce qu'il consomme, afin qu’il puisse «vivre longtemps et en bonne santé».

Questionnée sur l’importance de l’agriculture à production intensive, Mme Meriem Hind Benmahdi a déclaré être en faveur d’une agriculture «raisonnée» économisant l’eau, diminuant l’impact environnemental en termes «d’empreintes carbones», limitant l’impact des fertilisants et des pesticides sur la santé publique, avec pour résultat, produire une alimentation saine et de bonne qualité.

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