L’Algérie à la 9e place mondiale dans l’indice des prix à l’immobilier

Un classement en dehors de la réalité

Par:  Réda Hadi

Selon le site américain Numbeo, l’Algérie se placerait à la 9e place mondiale, au niveau de l’indice des prix à l’immobilier. En effet, l’indice Property Prices Index Rate se base sur le rapport prix/revenu qui est la mesure de base pour déterminer l’accessibilité à l’achat d’un appartement.

Il est généralement calculé par le rapport entre les prix médians des appartements et le revenu familial disponible médian, exprimé en années de revenu. Toujours est-il que cette étude se base sur des statistiques qui ne reflètent nullement la réalité, car sur des faits, l’indice du prix à l’immobilier reste extrêmement élevé.

Assurément, il est patent qu’en Algérie les prix déclarés ne correspondent nullement à ceux qui sont déclarés officiellement sur les actes de propriété. En effet, nombre d'analyses et d'articles traitant de la cherté de l'immobilier en Algérie comparent les prix pratiqués à Alger avec ceux de Miami, Los Angeles ou Paris et endossent l'envolée des prix de la pierre algérienne, qu'ils jugent exorbitante, à plusieurs facteurs : spéculation, marché déstructuré, blanchiment d'argent ... etc.

Dans un rapport de la Banque mondiale établi en 2017, il a été notifié que «le rôle dominant du gouvernement sur le marché du logement limite la capacité de la chaîne de valeur et entraîne un retard important dans la livraison».

Pire encore, le document indique que «la demande en logement social demeure excédentaire à cause d’un mauvais ciblage, ainsi que de politiques locatives régressives et inefficaces entraînant une très faible rotation des locataires » et que «La location-vente a été un mécanisme efficace pour l’enrichissement de ses bénéficiaires, toutefois elle est insoutenable».Le rapport en question ne manque pas, d’ailleurs, de rappeler que «malgré les efforts, le besoin de logements reste élevé en Algérie, reflétant ainsi le défi de soutenabilité des programmes de logements en cette période de déséquilibre budgétaire.

Pour preuve, le plan initial de la période 2015-2019, qui prévoyait la livraison d’environ 3,18 millions de logements subventionnés par l’État (toutes formules confondues), a été réduit à 1,63 million d’unités avec le resserrement du budget de l’État suite à la baisse des prix du pétrole. Le rapport relève, plus loin, que le financement public algérien du logement est l’un des plus élevés au niveau international pour avoir investi entre 2010 et 2015 environ 2 450 milliards de dinars pour construire et entretenir les logements. Soit environ 5% des dépenses totales du gouvernement et environ 2,2% du PIB et un sixième des transferts sociaux et un septième des dépenses totales d’investissement.

Dans les faits, les prix du logement en Algérie ne cessent de battre des records. D’une année à une autre, la hausse des prix de l’immobilier atteint des seuils vertigineux. «A Alger, unappartement dans une zone populaire coûte désormais plus cher qu’un appartement haut standing dans une zone touristique à Marrakech. Il faut dire que la cherté du logement en Algérie n’est nullement un mythe. D’ailleurs, le cabinet international Mercer Human Resource Consulting a classé Alger comme cinquantième ville la plus chère au monde. La capitale vient juste après Dubaï et Abou Dhabi ! En Afrique, Alger est quasiment considérée comme étant la 5e ville plus chère du continent.

De l’avis de nombreux agents immobiliers, la flambée des prix des immobiliers est essentiellement due à l’absence de régulation du marché de la part de l’Etat. Les spéculateurs imposent leur loi au détriment de toutes les lois.Alors faut-il prendre pour argent comptant l’étude ce site américain ?Rien n’est plus sûr d’autant plus que les faits sur le terrain contredisent complètement ces statistiques.

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