En partenariat avec l'UE

Une stratégie de protection contre les inondations en cours d'élaboration

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Le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, a annoncé, lundi à Alger, une stratégie nationale en cours d'élaboration en partenariat avec l'UE, en matière de protection contre les inondations.

Invité de la Chaîne I de la Radio nationale, M. Necib a fait part de cette stratégie visant à mettre en place les mécanismes nécessaires pour une meilleure prévision des inondations, afin de protéger les personnes et les biens et garantir ainsi une intervention rapide.

La problématique de la protection contre les inondations est l'une des principales missions du secteur, en termes d'encadrement juridique et technique du traitement de ce phénomène, ainsi qu'à travers l'action sur le terrain et les investissements, réalisés en coordination avec d'autres secteurs, à l'instar du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales, a affirmé le ministre.

Faire face à ce phénomène n'est pas nouveau pour le secteur, a-t-il estimé, faisant part de plusieurs investissements réalisés dans différentes villes dont Ghardaïa, Batna et Sidi Bel- Abbès, qui ont bénéficié de plusieurs projets structurants de protection contre ce phénomène naturel.

Dans ce cadre, le premier responsable du secteur a évoqué les investissements réalisés depuis 2000, soit plus de 600 projets d'une valeur de 200 milliards de dinars, soulignant l'acquisition d'équipements en vue de leur installation au niveau des oueds des villes les plus exposées aux inondations.

  1. Necib a dit que des équipements modernes ont été installés au niveau des oueds, permettant de donner des informations sur l'état du ruissellement des eaux des oueds et le niveau d'alerte et de prévision pour une intervention rapide.

Ces équipements ont été installés dans trois wilayas, a-t-il indiqué, ajoutant que son secteur œuvre à les installer dans 28 wilayas pour la création d'un réseau national de mesure et de prévision des inondations.

Près de 2 000 analyses effectuées quotidiennement par les services de contrôlePar ailleurs, M. Necib a affirmé que l'eau des robinets était potable à 100%, car elle était soumise aux contrôles de qualité, faisant état de 6 décrets relatifs à la qualité de l'eau.

Il a révélé que quelque 2 000 analyses étaient effectuées quotidiennement pour s'assurer du taux du chlore existant dans l'eau, faisant savoir que 1 500 agents avaient été mobilisés, notamment en été, dans le cadre de cette opération.

Concernant l'assainissement des oueds visant à garantir la salubrité de l'eau potable, le ministre a indiqué que cette opération s'inscrivait dans le cadre d'une opération de nettoiement de l'environnement pour ne pas entraver le ruissellement des eaux et lutter contre la pollution.

«Nous œuvrons en collaboration avec le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales afin de juguler ce phénomène», a-t-il dit, citant l'installation d'une commission nationale, présidée par le ministre de l'Intérieur, à cet effet.

Il a rappelé que les travaux de réalisation de cinq grands barrages destinés à l'agriculture ont été achevés durant cette année, outre la mise en service de 10 grands transferts, le projet de transfert des eaux de Sidi Aïssa (M'sila) vers le chef-lieu de la wilaya de M'sila et celui du transfert des eaux de la daïra de Aïn El-Hadjel vers Boussaâda.

Il a fait savoir que plusieurs projets répartis sur plusieurs wilayas étaient en cours, en vue de renforcer l'approvisionnement en eau potable, indiquant qu'en 2016, la distribution quotidienne était de 75%, alors qu'en 2017, elle a reculé à 65%, à cause de la baisse des précipitations. En 2018, elle a atteint 78%, a-t-il ajouté.

«Le secteur prévoit un taux de 80% de distribution quotidienne, à la fin de l'année 2018 dont 50% 24h/24», a-t-il ajouté.S'agissant du dessalement d'eau de mer, le ministre a affirmé que l'Algérie était parmi les premiers pays à avoir utilisé cette technique, faisant état de 11 stations de dessalement d'eau de mer et quatre autres stations en cours de réalisation.

Concernant les fuites d'eau au niveau des réseaux, M. Necib a indiqué que ces échappées représentaient 30%, un taux «élevé», selon lui, d'où la nécessité de renouveler ces réseaux.Dans ce contexte, le ministre a précisé que son département avait élaboré un programme de renouvellement des réseaux dans 40 villes et dont les travaux ont été lancés dans 20 villes, avec un montant global de 60 milliards de dinars.

Le même responsable a expliqué, par ailleurs, que son secteur prévoit en 2030, une baisse du taux des fuites au niveau des réseaux à moins de 20%.S'agissant de la lutte contre l'envasement des barrages, M. Necib a indiqué que son taux n'était pas «inquiétant», faisant savoir que la première drague pour le désenvasement des barrages, de fabrication algérienne, sera livrée en novembre, dans l'attente de deux autres.

Quant au secteur de l'agriculture, le ministre a affirmé que la mise en place des mécanismes de coordination entre les deux secteurs était en cours pour atteindre les objectifs assignés, évoquant le renouvellement en cours des canaux d'irrigation des terres et grandes surfaces, sachant que 12 000 hectares des surfaces agricoles sont irrigués avec des eaux usées traitées dans les stations.

Necib a précisé, par ailleurs, qu'une action de concertation avait été initiée avec le ministère de l'Agriculture, en vue de généraliser les systèmes d'irrigation économes en eau etsensibiliser les agriculteurs à l'importance d'exploiter les petits barrages et les retenues collinaires.

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Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances