Agriculture et sécurité alimentaire

Le secteur renoue avec la croissance

Par:  Réda Hadi

Les récentes productions record de l’agriculture ont poussé les responsables nationaux à voir de meilleurs jours. Pour le ministre de l’Agriculture, ce sont les différentes mesures adoptées qui vont nous mener à réaliser le double objectif qui est celui de l’autosuffisance et la sécurité alimentaire du pays. Pour certains, l’excès d’optimisme peut nuire aussi à toute politique qui est mise en œuvre. Tous les voyants en agriculture sont au vert, et selon le DG de l’Oaic, il a constitué près de 35 millions de quintaux de céréales.

Selon les dernières statistiques, l’Algérie assure désormais plus de 70% de son alimentation par la production nationale, et le défi consiste à cibler les filières stratégiques pour faire face aux besoins alimentaires de base de la population, réduire les importations et relancer les exportations.Pour certains produits excédentaires tels que les dattes, l’huile d’olive, certains produits maraîchers, pomme de terre et fruits, la filière exportation s’organise, et des produits sont exportés à l’international.

Les réformes engagées par les pouvoirs publics durant les deux dernières décennies, dans le cadre des différents programmes quinquennaux de relance de la croissance économique, ont permis au secteur de réaliser ces résultats très encourageants.

Toutefois, beaucoup reste à faire aussi, car cette dynamique de production doit être consolidée par le renforcement des capacités de transformation, de conservation et de stockage sous froid des produits agricoles notamment pour les fruits et légumes.

En outre, l’amélioration du fonctionnement des circuits de distributions des produits agricoles et alimentaires, doit être encadrée par une organisation interprofessionnelle efficace des filières et par l’avènement de la grande distribution moderne qui devrait induire une transformation positive de toutes les chaînes de valeur des filières agricoles et agro-industrielles.

Mais si les résultats sont pour le moment probants, reste que l’un des défis à relever par le secteur agricole consiste à garantir une augmentation significative de la production nationale et sa valorisation optimale par une mobilisation rationnelle des moyens disponibles en ciblant les filières stratégiques pour faire face aux besoins alimentaires de base de la population, réduire progressivement les importations et relancer les exportations.

Le ministère de l’Agriculture a élaboré une stratégie qui consiste à répondre au défi de la sécurité alimentaire avec un «nouveau modèle agricole structuré principalement autour de l’investissement privé comme nouveau moteur de la croissance agricole notamment dans le cadre de partenariat public-privé et privé-privé».

Ce modèle se repose aussi sur le développement soutenu des filières stratégiques dont les céréales, lait, fourrages et viandes. Cette stratégie s’appuie également sur l’irrigation en système économiseur d’eau, l’intégration agro-industrielle, le renforcement des systèmes de régulation, la substitution aux importations massives de certains produits et la relance des exportations des produits agricoles et agroalimentaires, permettant de diversifier les ressources financières extérieures.

Si tout a été mis en place pour un renouveau agricole efficient, le seul paramètre qui reste aléatoire est celui du facteur humain et la mainmise de certaines filières agricoles par des spéculateurs.Pour les observateurs, ce sont deux paramètres qu’il faut à tout prix maîtriser, pour qu’enfin notre agriculture reste dans les rails que l’on lui a tracé.

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