Hausse de plus de 30 DA, du prix de la pomme de terre !

Les spéculateurs imposent leur loi

Par:  Par Zahir R.
 Ces jours-ci, nous assistons à une hausse vertigineuse du prix de la pomme de terre. Elle frôle les 90 DA le kilogramme, dans certaines localités à travers le pays. A cet effet, le Conseil national interprofessionnel de la filière va se réunir aujourd’hui, avec les responsables du ministère de l’Agriculture, afin de mettre en place les mécanismes qu’il faut, pour réguler le marché, tout en préservant le pouvoir d’achat des citoyens et, également, l’intérêt du producteur. Des quantités importantes vont être déstockées, pour stabiliser le marché.  L’annonce a été faite hier, par Hacene Guedmani, élu fraichement à la tête de ce Conseil interprofessionnel. Il a précisé, dans un entretien téléphonique accordé à nos soins, que la pomme de terre est cédée par les producteurs à un prix raisonnable, variant entre 40 et 50 DA. Tout en reconnaissant que la production de ce tubercule a connu certes, une baisse durant cette saison mais, selon lui, rien ne justifie cette flambée des prix.
  1. Guemani a estimé, que le problème réside dans la chaine de distribution et dans la multiplication des intermédiaires. «Sinon, comment peut-on justifier cet écart, entre le prix de production et celui de détail ? La différence dépasse parfois les 30 DA, alors que le producteur ne gagne que 15 DA ! C’est inadmissible», a-t-il déploré.
En outre, notre interlocuteur a relevé, que le producteur fait face à plusieurs dépenses, notamment celles de la production, ayant connu une hausse conséquente. À titre d’exemple, la culture d’un hectare de pomme de terre coûtera plus d’un million de DA, a-t-il ajouté.Questionné sur une éventuelle baisse des prix, M. Guedmani s’est montré néanmoins  optimiste, en indiquant que les prix vont se stabiliser à hauteur de 60 DA. «Nous prévoyons  la stabilisation des prix, mais pas une baisse. Il ne faut pas s’attendre à des prix, à moins de 35 DA», a-t-il prévenu.Le président du Conseil national interprofessionnel de la filière de  la pomme de terre a annoncé, par ailleurs, que de nouvelles récoltes vont être mises, incessamment, sur le marché par les producteurs des wilayas des Hauts-plateaux, à l’instar de Sétif, Tébessa, Tiaret et Aïn Defla. Ce dernier a fait savoir, en outre, que la wilaya d’Oued Souf, qui couvre 50% du marché national de ce produit prisé par les Algériens, a vu la diminution de moitié, de la superficie réservée à la culture de la pomme de terre.Selon le président de la Chambre agricole de cette wilaya, en l’occurrence Bekar Hamed, les agriculteurs préfèrent prendre un congé, durant cette période de grande chaleur. A cela s’ajoute le dysfonctionnement enregistré dans le stockage de ce tubercule, dans les chambres froides et la hausse des prix des semences, dépassant les 70 DA/kgIl a pointé du doigt l’Office national des fruits et légumes, qui n’a pas pris ses dispositions pour le stockage des quantités suffisantes, pour cette saison marquée par le recul de la production. «Le retard enregistré dans la récolte de la production des wilayas de Hauts-plateaux a impacté négativement, sur le marché de la pomme de terre. Cette récolte devrait se substituer à celle de la wilaya d’El-Oued, mais les fortes pluies, de janvier à mars, ont retardé l’opération de la culture», a-t-il précisé. Il est à noter, que la production de la pomme de terre a connu une évolution remarquable ces dernières années, passant de 26 millions de quintaux en 2009, à 46 millions de quintaux en 2017, avec un rendement de 309,8 quintaux à l'hectare. Des quantités de ce produit ont été même exportées. Le ministre de l’Agriculture, Abdelkader Bouazgui, avait révélé que l’Algérie a exporté 817 tonnes de pomme de terre en 2017, dont 500 tonnes vers le Qatar et 249 tonnes vers l’Espagne.
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