Sous-traitance industrielle

Seules 1 000 entreprises activent en Algérie !

Par:  Zahir R.

Le développement industriel escompté en Algérie n’est pas pour demain. Un constat amer, mais une réalité ! Un grand travail attend les différentes parties (institutions, opérateurs économiques publics et privés) et acteurs de ce secteur qui peine à décoller pour de multiples raisons (législatives, code des marchés et absence de stratégie chez les industriels).Assurément, l’industrie en Algérie participe avec seulement 6% au produit intérieur brut (PIB).

Un taux minime, comparativement à celui enregistré ailleurs dans le monde et chez nos voisins directs (le Maroc et la Tunisie).

«Nous avons 10 000 entreprises industrielles, dont 95% sont des petites et moyennes entreprises (PME), voire des très petites entreprises (TPE) et dont seulement 1 000 d’entre-elles activent dans le domaine de la sous-traitance, soit 10% de l’activité industrielle totale», a déploré, hier à Alger, Kamel Agsous, président de la Bourse algérienne de sous-traitance et de partenariat (BASTP).

Pour montrer l’ampleur du retard qu’accuse notre pays en matière de sous-traitance, le conférencier a cité l’exemple de la France qui possède quelque 30 000 entreprises, générant unbénéfice de 68 milliards d’euros et la création de 470 000 emplois.

  1. Agsous a fait savoir, en outre, que les grands donneurs d’ordre sont des groupes industriels publics, à l’instar de la SNVI, AGM, GTCA, Sonatrach et Sonelgaz, et que les entreprises de sous-traitance appartiennent aux privés. Dans cette optique, il a soulevé l’absence d’un cadre législatif qui incite les deux secteurs à travailler ensemble.
  2. Là, le président de la BASTP a appelé à la mise en application du partenariat public-privé (PPP). «Il faut donner un sens à ce partenariat qui devrait booster l’activité et économiser une dizaine de milliards de dollars», a-t-il suggéré.

Le président de BASTP a relevé lors de cette rencontre organisée par le cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care) et placée sous le thème : «La sous-traitance industrielle : enjeux et perspectives», que «70% de nos intrants industriels parviennent de l’étranger et qui coûtent des milliards de dollars à l’Algérie».

Selon certains experts, «nous déboursons annuellement plus de 10 milliards de dollars pour l’importation de pièces industrielles, alors que les entreprises locales peuvent les produire localement».Citant l’exemple de la Sonatrach, M. Agsous a affirmé que le groupe pétrolier national, à lui seul, débourse pas moins de 3 milliards de dollars pour l’importation de 550 000 intrants industriels annuellement.

«Avec les entreprises existantes actuellement, on peut facilement récupérer 10 à 20% dumarché. L’organisation en septembre prochain d’une rencontre entre Sonatrach et les sous-traitants algériens sera une opportunité pour connaître les besoins du groupe et les capacités nationales en la matière. J’espère qu’elle (la rencontre) sera une porte d’entrée», a-t-il souhaité.

Par ailleurs, les intervenants (experts et sous-traitants) ont appelé à l’élaboration d’un vaste programme «marshal» pour relancer le métier de la sous-traitance, à travers la mise en œuvre d’une stratégie claire et réalisable, tout en évitant les erreurs du passé.Un membre du Care a sévèrement critiqué la politique nationale industrielle qui favorise l’importation de pièces sur les services.

Il a regretté que «l’importation de services (transfert de technologie) soit taxée à hauteur de 30% alors que la pièce industrielle est libre et n’est pas taxée, autrement dit, elle est exonérée, suite aux accords de libre-échange avec notamment l’UE».Pour sa part, Mohamed Sayoud, un consultant en investissement industriel, a recommandé la création de zones industrielles, clés en main.

«Une procédure simple à réaliser et qui permettra aux opérateurs locaux ou étrangers d’engager directement leur projet d’investissement sans perdre beaucoup de temps».

Lu 254 fois