Faute de stabilité de l’arsenal législatif

L’agroalimentaire peine à trouver ses marques

Par:  Réda Hadi

Le secteur de l’industrie agroalimentaire en Algérie constitue un maillon important du tissu industriel national du fait du rôle important qu’il joue dans l’économie du pays.

Ainsi, il contribue d’une façon efficace et durable à l’amélioration du PIB (produit intérieur brut) et à la résorption du chômage en pleine expansion.

A cet effet, une attention particulière a été accordée à son développement par les pouvoirs publics à travers, notamment, l’adoption et la mise en application, au cours de ces dix dernières années, de différentes politiques et stratégies. Ces dernières visent à repositionner le rôle moteur de ce secteur dans la sphère économique du pays par, tout d’abord, une meilleure intégration en amont et en aval de ces activités et par une amélioration qualitative et quantitative de sa compétitivité face à une concurrence de plus en plus rude.

A en croire Abdelwahab Ziani, président de la Fédération algérienne de l’agroalimentaire, ce secteur s’en porterait bien mieux si les lois étaient mieux appliquées, et ce, particulièrement en matière d’accompagnement des entreprises. En effet, pour le président de cette Fédération, la stabilisation des lois est un jalon important dans le processus de création d’une entreprise agroalimentaire, pour peu qu’existe une certaine stabilité dans la démarche des pouvoirs publics.Dans un contexte de mondialisation effrénée, la concurrence est rude, et les contradictions dans la démarche des pouvoirs publics sont à même d’accentuer les faiblesses d’une industrie naissante qui commence à peine à prendre ses marques sur le marché national.

Pour M. Ziani, qui intervenait, hier, sur les ondes de la Radio nationale, l’agroalimentaire ne peut prospérer qu’à la condition que l’on cesse de malmener les lois. Citant l’exemple de filières de ce secteur, telles celles produisant des aromes ou des concentrés de tomate, qui se trouveraient menacées par l’importation intempestive des produits finis par des opérateurs nationaux.

En ce sens, l’importation de produits finis, alors qu’ils sont produits en Algérie, est un exemple de contradiction. Qu’est-ce qui a fait que des produits fabriqués localement soient importés, alors que le gouvernement a mis en place une liste restrictive de produits interdits à l’importation ?Pourtant, des investisseurs se disent prêts à s‘impliquer dans des projets agroalimentaires, mais faute de stabilité et une continuité en matière d’application des règles et réglementations accompagnant les entreprises, beaucoup hésitent pour ne pas dire abandonnent de tels projets.

Pour cela, M. Ziani demande à l’Etat d’édicter des lois protégeant les producteurs algériens sur une période de cinq à dix années, sur la base d’une «stabilité réglementaire» pour aider à jeter les bases d’une industrie nationale chevronnée et compétitive.

Une industrie qui, déjà en amont, est malmenée par une agriculture en mal d’existence, dans un pays où le stress hydrique fait partie du quotidien.Le développement des IAA (Industries agroalimentaires) revêt une importance capitale pour valoriser au mieux les produits et en limiter les pertes. Et en cela, les IAA ont besoin de stabilité de l’arsenal législatif.En substance, l’Algérie n’est pas un producteur majeur de produits agricoles et dépend des importations alimentaires pour répondre à la demande intérieure. Dans ce contexte, l’agroalimentaire a déjà du mal à pouvoir «s’alimenter» en produits agricoles transformables, d’où la nécessité, pour M. Ziani, d’une politique stable et soutenue.

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