Prix stables, météo indulgente, moins d’accidents routiers…

Un Ramadhan 2018 plutôt clément

Par:  Réda Hadi

Le Ramadhan de cette année, contrairement à ce que l’on pouvait s’attendre, ne s’est pas trop mal passé. Au-delà de la ferveur religieuse, tout le monde redoutait ce mois, tant du point de vue pécuniaire que social.

La grâce divine serait-elle passée par là ? L’Algérien contrairement à ses habitudes, semble avoir pris la vie du bon côté, et nous n’eûmes pas droit à ces sempiternelles disputes et échauffourées qui caractérisaient ce mois sacré . Du côté des prix dans les marchés, si les produits n’ont pas connu leurs hausses coutumières habituelles, ils sont restés relativement stables, mais dans une fourchette assez haute tout de même.

Pas assez pour s’en réjouir totalement.

S’agit-il d’une prise de conscience soudaine, ou de lassitude ? Le comportement de nos compatriotes, s’il n’a pas été des plus exemplaires, a été moins agressif. Ce comportement s’est traduit en premier lieu par moins d’accidents sur nos routes. Selon une source de la Protection civile, si les chiffres de ce mois ne sont pas encore livrés, la tendance est à la baisse, et les services de la Protection civile ont eu moins à intervenir.Au marché de Boumati à El-Harrach, marché populaire par excellence, les prix sont restés assez élevés, sauf que durant la dernière semaine du Ramadhan, une hausse inexpliquée a été constatée.

La tomate sur les étals se négociait autour de 120 DA le kilogramme, alors que quelques jours auparavant, elle n’excédait pas les 80 DA.Pour le président de l’Anca (Association nationale des commerçants et artisans), M. Boulenouar, si cette dernière semaine, les prix ont connu cette hausse cela est dû majoritairement à l’absence de main-d’œuvre. Pour lui, c’est un problème récurrent qui survient à chaque événement religieux.

Les agriculteurs se plaignent de ces départs de personnels qui vont passer les fêtes en famille. Il est même arrivé que des fellahs aient perdu une partie de leurs productions à cause du manque de main-d’œuvre pour procéder à la cueillette.Ces absences ont entraîné donc une perte de production et une hausse du prix des produits, accentués en cela par un marché non régulé et la mainmise des spéculateurs.

La situation est telle, que les 48 marchés de gros à travers le territoire national, ferment leurs portes, faute de produits à écouler.En ce qui concerne la viande blanche (poulet, dinde), c’est aussi le même problème, auquel est venu se greffer un épuisement des stocks. La plus grande partie de la production de viande blanche a été écoulée durant les 15 premiers jours du Ramadhan engendrant de fait des prix «raisonnables».Pour M. Boulenouar, tout rentrera dans l’ordre après les fêtes de l’Aïd.

Néanmoins ce Ramadhan n’a pas connu une baisse significative de notre boulimie, et nous avons continué à surconsommer et gaspiller surtout.Il faut préciser aussi que ce Ramadhan s’est aussi distingué par une nouvelle forme d’inquisition envers les femmes. L’intolérance des hommes envers ces femmes, qui sortaient découvertes (mais pas maquillées), a été le point culminant de leur agressivité envers cette frange de la société.

Ces femmes, qui, pourtant, étaient décemment vêtues ont été insultées et prises à partie, par des hommes.

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