Cet autre défi du FCE

«Challenge de l’entrepreneur de l’avenir»

Par:  Réda Hadi

C’est hier que le bureau régional du FCE de Boumerdès a organisé, en partenariat avec l’université Mohamed-Bouguerra (Boumerdès), une rencontre sous le thème «Challenge de l’entrepreneur de l’avenir».

Cette rencontre, selon ses organisateurs, se veut une opportunité pour dépasser les clichés habituels, avec comme ligne de mire l’explosion des talents d’entrepreneuriat. Placée sous le patronage du wali de Boumerdès et en collaboration avec les différents organismes de l’emploi et l’Association des compétences algériennes à l’étranger (ACA), cette manifestation vise à débattre des questions liées, notamment, à l’université entrepreneuriale, accompagnement des porteurs de projets et rôle et fonctionnement des incubateurs.

Un membre de l’université de Boumerdès a acquis la certitude qu’à travers ce genre de réunions ou de rencontres, on arrivera à dépasser les clivages de la jeunesse.

«C’est un véritable défi que se sont lancés l’université et le FCE pour aboutir à faire reconnaître les talents d’entrepreneuriat de notre jeunesse».Un membre du FCE a, quant à lui, préconisé le «dépassement de soi» et surtout acquérir l’assurance et la certitude de ce que l’on veut entreprendre.

Un professeur d’économie pense qu’aujourd’hui, en Algérie, nous avons deux grandes problématiques qu’il faudra solutionner pour lancer la machine du développement économique basé sur l’innovation et l’entrepreneuriat des jeunes : la formation des élites et le modèle économique

.Sid Ali, un étudiant en 4e année de sciences sociales, s’est montré moins optimiste pour ce genre de manifestations et reste convaincu que l’entrepreneuriat est une culture que notre système éducatif et culturel ne valorise pas. Aujourd’hui, il y a un petit cercle vicieux : il n’y a pas de grandes réussites qui font rêver les jeunes sachant que les grandes réussites qui sortent du néant ne peuvent être que l’œuvre de jeunes rêveurs.

Les jeunes Algériens aujourd’hui ont été formés et élevés sur la base, que l’État (ou la société) doit leur ouvrir les portes.

Au problème de la culture entrepreneuriale, s'ajoute le fait que les rêves de nos jeunes sont déformés par la réalité des autres.

Durant cette occasion, tous les jeunes rencontrés estiment que l’accès au financement reste difficile et est devenu une véritable entrave à la concrétisation des projets. Les banques sonttoujours hésitantes et ne veulent pas prendre de risques. Tout ce qui est innovant et qui ne rentre pas dans le cadre des règles économiques déjà établies n’est pas financé.

Pourtant en Algérie les «success strories» de jeunes ne sont pas légion, et à vrai dire, beaucoup d’étudiants avec qui nous nous sommes entretenus, se disent emmurés par «l’arrière-garde», dans des préjugés qu’elle a à leur encontre.

«Le conservatisme a la peau dure chez nous», a encore ironisé Sid Ali. Certes, pour eux, ce genre de manifestation peut être une bouffée d’oxygène, mais ne représente en aucun cas une solution définitive.

Une compétition intitulée «Entrepreneur de l’avenir», ouverte exclusivement aux étudiants de l’université Mohamed- Bouguerra, est prévue à cette occasion. Les lauréats de ce concours, qui récompensera les trois meilleurs projets, bénéficieront de formations, coaching et d’un financement, suivant un processus d’accompagnement complet et personnalisé à la création de leurs entreprises.

A cela, un étudiant de l’université de Bab-Ezzouar, estime quant à lui, que même si c’est organisé par l’université de Boumerdès, l’information ne circule pas et le concours organisé devrait intéresser tous les étudiants. Pourquoi ne pas le généraliser à toutes les universités, d’autant que le FCE se targue d’avoir des bureaux dans 48 wilayas.

Lu 68 fois